Sport | 21.08.2012

La course des cinq 4000

Le 12 août dernier a eu lieu au coeur du Valais la 39ème édition de la célèbre Sierre-Zinal. Aussi appelée la Course des cinq 4000, elle est considérée comme l'une des plus belles courses de montagne du monde.
Si les plus aguerris finissent le parcours entre Sierre et Zinal en 2 heures 30, les moins expérimentés ont besoin de près de 8 heures pour franchir la ligne d'arrivée. Photos: Lauriane Constanty

Sierre-Zinal, c’est 31 kilomètres d’émotion, d’adrénaline et de courage. Mélange de sensations, comme les reflets d’une des plus belles courses de montagne du monde.

 

Le départ est donné à  5h du matin à  Sierre. Il fait froid, la tension monte et les muscles se crispent. Mais quelle ambiance! Une foule de courageux sportifs se retrouvent sur la ligne de départ, lampe frontale allumée et prêts à  s’élancer. Dans cette atmosphère pétillante, un concert de musique nous donne le rythme, premier échauffement avant le grand départ. De belles notes d’encouragement s’élèvent alors dans la nuit pour nous accompagner pendant les premiers mètres de la course.

 

Puis le coup d’envoi est lancé et nous commençons à  gravir un petit sentier qui serpente dans les bois. Au loin Sierre dort encore et brille de mille feux dans la nuit. Une brise légère souffle, le silence est total, rompu uniquement par le bruit de nos pas. Les coureurs commencent alors l’ascension en file indienne.

 

Enfin, la route s’élargit et là , le véritable sport peut commencer. La respiration s’accélère, les muscles chauffent, plus personne ne parle. Terrible montée de 10 kilomètres! Certains s’arrêtent pour souffler, d’autres versent une larme de découragement, mais tous serrent les dents pour affronter ce long dénivelé de 2220 mètres. Le courage se puise alors dans les applaudissements des quelques personnes qui se sont levées aux aurores pour nous soutenir, par la musique des cors des alpes qui s’élève parmi les arbres pour nous porter sur quelques mètres. Ces petites intentions s’avèrent tellement importantes! Un pas après l’autre, nous gravissons cette terrible pente et attendons le prochain ravitaillement, promesse d’un court repos et d’eau fraîche. Au loin, le soleil commence à  se lever, les montagnes enneigées se parent d’un éclat rosé, magnifique image à  jamais gravée dans ma mémoire. C’est cette beauté des paysages qui nous donne également la force de continuer.

 

Chemins sinueux, montées terribles, descentes poussiéreuses et vues à  couper le souffle se succèdent. C’est comme cela que je résumerai cette course mythique qu’est Sierre-Zinal. Quel immense bonheur d’y participer, et quelle joie de se sentir tellement libre à  gravir ces montagnes dans la fraîcheur matinale.

 

C’est également une magnifique ambiance parmi les coureurs, un mélange de compétition et d’entraide. Et sans oublier ce public qui nous donne tellement d’énergie! Rien que pour lui on se doit de continuer à  courir, d’oublier cette douleur qui assaille tout notre corps et nos muscles qui brûlent. Les jambes nous supplient d’arrêter, mais notre cŠ«ur «dit» oui.

 

Et c’est pas à  pas, que nous approchons de la ligne d’arrivée, portés par les encouragements et l’envie de parcourir ces 31 kilomètres en un temps record. Mais les cinq derniers kilomètres sont les plus durs. Les jambes commencent à  trembler, les pieds fatiguent, la respiration devient plus difficile. L’envie est là  d’accélérer le pas et de courir sur ce dernier chemin caillouteux qui mène vers la ligne d’arrivée; mais les jambes ne semblent plus suivre. Alors il faut puiser sa force dans la fierté un peu folle qui nous a poussés à  tenter cette aventure sportive, et dans cette douce musique que sont les applaudissements de la foule et qui nous donnent des ailes. Chacun de nous allonge alors le pas, relâche ses muscles, serre les dents et dévale les derniers kilomètres de la montagne. La descente sur le village de Zinal est caillouteuse, poussiéreuse et horriblement raide avec ses 800 mètres de dénivelé. Les glissades sont fréquentes, les chevilles souffrent, les orteils sont meurtris, mais qu’importe! La ligne d’arrivée qui nous a nargués pendant de longs kilomètres est maintenant visible, si proche et si lointaine à  la fois. Sur les visages fatigués des coureurs, un sourire se dessine, les yeux pétillent de fierté, le sprint final peut être lancé. Et enfin! Cette ligne d’arrivée est franchie, les 31 kilomètres sont achevés.

 

A bout de souffle, les émotions se bousculent dans notre esprit: la surprise d’avoir tenu sans jamais s’arrêter durant cette course, la fierté d’avoir vaincu cette terrible épreuve sportive et également la promesse de ne plus jamais participer à  Sierre-Zinal! Cette course représente trop d’effort, de douleurs et de crispations. Les crampes ne sont jamais loin, les moments de répits sont inexistants et les glissades lors des descentes s’avèrent terribles.

 

Si les champions parcourent ces 31 kilomètres en 2h30, les moins expérimentés arrivent, quant à  eux, 8h plus tard. Pour ma part, cela a été 5h45 de bonheur, d’endurance et de souffrance. Plus jamais donc! Hum…mais n’est-ce pas ce que j’avais déjà  dit les dernières fois? Et oui, là  est la magie de cette course Sierre-Zinal: une fois qu’on y a gouté, on ne peut plus s’en passer.

 

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