Culture | 28.08.2012

A consommer avec modération!

Texte de Théo Ivanez | Photos de allocine.fr
Comment croire à  cette bande annonce qui a surgi sur nos écrans il y a déjà  quelques mois! Deux minutes de pure hallucination où surgissent des acteurs d'un autre temps, et qui se terminent un casting plus qu'impressionnant. «Expendables 2: Unité Spéciale» s'annonce comme le plus musclé des blockbusters de l'été.
La pertinence d'un scénario fin et complexe n'est pas vraiment le but recherché.
Photo: allocine.fr

L’histoire (s’il y en a une) est celle d’une bande de mercenaires un brin psychopathes, commandée par notre ami Sylvester Stallone et composée entre autres de Jason Statham, Jet LI et Dolph Lundgreen. Pour venger la mort de l’un des leurs, les loubards se lancent à  la poursuite d’un méchant de la pire espèce au nom très recherché qu’on vous laissera découvrir. Mais ce n’est pas tout: il se trouve que ce même méchant est à  la recherche de 5 tonnes de plutonium abandonnées par les Russes pendant la guerre froide (il faut bien une dose d’anticommunisme, sinon le film ne serait pas complet). Vous comprendrez alors que l’enjeu de cette histoire va au-delà  de la simple vengeance; pour vaincre le malfrat (joué par Jean Claude Van Damme), il faudra bien l’aide de quelques autres gros bras. C’est là  qu’entrent en scène Bruce Willis, Arnold Schwarzenegger et –accrochez vous- Chuck Norris! Walker Texas Ranger en personne a tout de même 72 ans.

 

La pertinence d’un scénario fin et complexe n’est pas vraiment le but recherché, et il est inutile de préciser que le premier opus n’est pas indispensable pour comprendre le second. Qu’y a-t-il donc à  tirer en tirer? Tout cela justement: un scénario quasi inexistant, des explosions, des gros bras, de la baston à  gogo. C’est bien là  la force de ce film qui assume pleinement son coté lourdingue, pour peu que le spectateur s’arme d’un solide esprit de second degré. A la limite de la parodie, cet hommage aux films d’actions des années 1980 nous fait passer un bon moment de rigolade.

 

Le film n’est pas pour autant tout public, car la technique a tendance à  rendre plus que réalistes ces interminables scènes de mitraillettes (lambeaux de chairs et têtes humaines viennent éclabousser l’écran). Ces passages comportent une certaine violence qui ne sera pas du goût de tout le monde. Bien que le film puisse s’aborder de manière humoristique, il garde un coté commercial et très américanisant qui dérange, notamment par des petits discours à  la gloire de l’armée américaine ou des pubs pour une marque de montre qui ne manquera pas de vous sauter aux yeux.

 

Le 7ème art est très diversifié et des films comme Expendables 2 y ont tout à  fait leur place. On se plait à  imaginer nos papys du cinéma d’action s’être retrouvés autour d’une bière pour faire naître un projet comme celui-là . Et il est vrai que voir Stallone, Schwarzenegger, Willis, Van Damme et Norris se battre cote à  cote dans une scène finale, où eux-mêmes ne se prennent pas au sérieux et rigolent de leurs gloires passées, mérite le déplacement !