Culture | 24.07.2012

Vingt-cinq ans de danse

Dimanche 8 juillet, le Béjart Ballet Lausanne a fêté ses vingt-cinq ans d'existence à  l'occasion d'une journée exceptionnelle.
Les élèves de l'Atelier-Ecole Rudra Béjart. Photos: Aurélie Vervatidis

Dimanche 8 juillet, le Béjart Ballet Lausanne fêtait ses vingt-cinq ans d’existence et de succès lors d’une magnifique journée offerte au public au Palais de Beaulieu à  Lausanne. L’École-Atelier Rudra Béjart quant à  elle, soufflait sa vingtième bougie. Un événement exceptionnel qui a permis au public d’aller à  la rencontre des jeunes talents de demain. On a aussi pu y découvrir ou y redécouvrir l’un des succès de Maurice Béjart: Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat.

 

Quoi de mieux que de débuter sa journée en dansant et en chantant! Après un atelier de danse classique et moderne, les jeunes artistes se mettent en place sans bruit autour de leur professeure de chant, Svetlana Bally. Il est 14h15 et dans la cour du Palais de Beaulieu et les premiers échauffements dévoilent des voix discrètes.

Puis c’est un coup d’éclat, les énergies se révèlent au travers des diverses compositions d’Ariel Ramirez, dont une Š«uvre de Haendel ou une messe de Noël. Ce morceau issu de la musique folklorique argentine accroît la complexité du chant car elle s’accompagne de mouvements du corps.

 

Passage obligé, peu après, de la lumière à  l’ombre de la Halle 7: on découvre le travail de deux professionnels de la danse, Tony Fabre, ancien membre du BBL ainsi que Julio Arozarena, Maître de ballet au BBL. Accueilli par le conseiller municipal Grégoire Junod, par l’écrivain et historien de la danse Jean-Pierre Pastori et par le successeur de Maurice Béjart, Gil Roman, le public peut apprécier au travers des répétitions des deux artistes, une partie du spectacle qui sera présenté au mois de décembre.

Les deux chorégraphies présentées dévoilent un travail autour de Maurice Béjart, pour rendre hommage à  sa mémoire mais aussi pour continuer de faire vivre sa pensée.

 

Tony Favre a choisi de créer une danse très joyeuse, dansée et lumineuse, selon ses termes; tandis que Julio Arozarena présente une création qu’il conçoit comme une naissance autour de la mère. Une «mère nourricière» plus qu’un père, c’est l’image de Maurice Béjart que Julio Arozarena souhaite transmettre au travers de sa création.

Lorsque les mots des créateurs deviennent gestes et mouvements, chaque pas, chaque détail est travaillé. Les corps s’appuient sur le rythme de la musique dans une fluidité déconcertante. Les tableaux s’enchaînent et exhibent des corps majestueux, sculptés dans la finesse. Ces corps dessinent les mouvements avec grâce et précision, traduisant l’essence du rythme. Rien n’est laissé au hasard, sinon que chaque corps dégage une émotion particulière.

Des instants magiques, comme l’apparition de cette jeune danseuse stagiaire américaine de vingt ans, Alanna Archibald. Vêtue d’une longue jupe blanche aussi légère qu’elle-même, la jeune femme resplendit.

 

Après cette succulente mise en jambes, l’énergie est renouvelée par l’arrivée du dynamique Selatin Kara. Ce danseur et chorégraphe de renommée internationale a notamment chorégraphié pour des artistes tels que Madonna ou Michael Jackson.

La Halle 7 prend alors tout à  coup une allure de salle de danse américaine où les jeunes du public sont invités à  rejoindre les élèves de l’École-Atelier Rudra Béjart pour un cours de Street Dance plus qu’animé. De la danse classique à  la Street, il n’y a apparemment qu’un pas pour les jeunes talents de l’école, qui nous montrent encore une fois la facilité avec laquelle ils savent s’adapter à  toutes les situations.

 

En parallèle, le public a pu découvrir, dans une ambiance totalement différente, le monde du Kendo. Cet art martial et sport de compétition alliant technique et spiritualité, était présenté par Olivier Perrenoud, Maître de Kendo 6ème Dan.

 

Les élèves de l’École-Atelier Rudra Béjart se sont ensuite retrouvés dans la cour pour une dernière démonstration de leurs multiples talents. C’est cette fois-ci munis de deux baguettes et de percussions que les artistes ont révélé leur savoir-faire, entraînés par Thierry Hochstätter et JB Meier. Une bombe d’énergie maîtrisée par les élèves toujours très attentifs aux exigences de leur professeur.

 

Pour clore la journée en beauté, l’organisation avait convoqué les 1500 personnes gagnantes du concours (sur 3000 participants), qui avait eu lieu un mois auparavant, à  assister à  la représentation du spectacle Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat, au Théâtre de Beaulieu. Mais afin de satisfaire tout le monde et maintenir la possibilité de gratuité pour tous, les organisateurs avaient pensé à  tout en aménageant à  la Halle 7 une retransmission sur écran géant. La projection en direct du spectacle a rencontré, tout comme l’ensemble de cette journée d’exception, un franc succès.

 

Le soleil était au rendez-vous et la foule aussi. Entre les ateliers de danse, la démonstration de chant, les entraînements, les percussions et la représentation du Presbytère, la compagnie du BBL et les élèves de l’École-Atelier Rudra Béjart nous ont fait transpirer. Nous invitant à  vivre à  travers eux leur expérience quotidienne de travail, ils ont fait preuve d’énergie, d’enthousiasme mais surtout de grand professionnalisme.

 

A cette occasion, la foule éclectique a pu s’approcher de l’univers d’excellence de la compagnie du Béjart Ballet de Lausanne (BBL). Le milieu des ballets n’est pas toujours accessible au plus grand nombre; cette journée a néanmoins permis de refléter au plus près la volonté de Maurice Béjart: rendre la danse accessible à  tous, et toucher un public multiple en dépassant certains stéréotypes.

 

Nobody is perfect, mais les danseurs qui ont participé à  ce programme anniversaire, s’approchent de très près de la perfection. Tout du moins, leur travail intensif les élève à  un niveau d’excellence apprécié tant par un Š«il expert que par un public curieux. Ce programme très réussi n’aura sûrement laissé personne de marbre.

 

 

Un spectacle anniversaire de l’Ecole-Atelier Rudra Béjart est prévu le 27 juillet au Théâtre Barnabé à  Servion, plus d’info sur: http://www.barnabe.ch/affiche/camille-claudel-de-rudra-bejart

Pour les autres spectacles proposé par le Béjart Ballet Lausanne, rendez-vous sur: http://www.bejart.ch/fr/