Culture | 08.07.2012

Souffle d’anarchie sur la Norvège

Texte de Joëlle Misson | Photos de NIFFF
Dans la Norvège des années 70, un jeune garçon désillusionné par les réalités et injustices de la vie passe son rituel de passage dans le monde sans loi du punk.
Nikolaj, apprenti punk.
Photo: NIFFF

Une innoncence et une jeunesse volée par la haine et la destruction. C’est le sombre tableau que dépeint Sons of Norway (Les fils de la Norvège).

A Eidsvold en Norvège, en 1979, le jeune Nikolaj est entraîné malgré lui dans une course vertigineuse vers les véritables abords de la musique punk, couronnée d’épingles à  nourrices, de bières et de crachats. Cinq mois plus tôt, alors que sa famille fête Noël, rien ne laisse présager que ce jeune garçon innoncent au cheveux mi-longs se piercera la joue de lui-même et tirera des lignes de speed.

 

Au moment où Nikolaj laisse déjà  entrevoir un certain intérêt pour la musique punk et ceux qui la font vivre, un événement terrible se produit: en vélo, sa mère se fait heurter de plein fouet par une voiture. Et le verdict des médecins de résonner : » Il n’y a rien à  faire ». Coup dur pour toute la famille. Son père Magnus, décide d’envoyer Peter, le petit frère de Nikolaj, chez sa tante, pensant que ce serait plus facile pour lui. Puis il se laisse peu à  peu sombrer dans un quotidien morose et n’assume plus sa responsabilité de père. Le père et le fils se retrouvent alors seuls, confrontés à  leurs angoisses, leur tristesse et leur incompréhension.

 

Difficile dès lors pour Nikolaj de trouver du réconfort, alors que peu à  peu, son père se joint à  lui pour jouer les rebelles. Ses attitudes étonnent de plus en plus en Nikolaj, qui commence à  ressentir la honte d’avoir un paternel qui s’adonne presque aux mêmes activités que lui.

Dans cette tourmente, Nikolaj découvre non sans effroi des réalités trop dures à  accepter pour son jeune âge. Par deux fois, il assiste sans le vouloir à  une scène d’amour, la première entre ses parents et la deuxième à  l’intérieur d’un camp de nudistes dans lequel son père l’a emmené. Ces deux incidents lui font perdre son innoncence pour l’entraîner dans des questionnements intérieurs que l’on devine lorsqu’il observe son nouvel ami Anton et sa « copine ».

 

Mais tout ces abus mènent à  la mort. Lorsque le refrain retentit à  nouveau dans les oreilles de Magnus, « il n’y a rien à  faire », il semble que ce dernier réalise à  quel point il a négligé son fils durant les mois qui ont suivi la mort de sa femme. Heureusemennt Nikolaj y échappe, mais de peu, avec à  peine quelques dommages cérébraux. Telle la boucle bouclée, le film se termine à  Noël 1979. Magnus est ses trois fils sont réunis à  cette occasion et Nikolaj regarde au loin. Peut-être y a-t-il un futur pour ce « no-future »?

 

Tourné en 2011 et projeté dans la catégorie « Films of the third kind », Sons of Norway ne représente pas le genre de scénario original par excellence. Les films de punks, sur fond de musique des Sex Pistols et qui finissent mal, on connait. Et d’ailleurs, comment pourrait-on envisager une fin heureuse à  un scénario dont toute origine est tirée de l’histoire dégénérée de Sid Vicious et ses accolytes? Mais Sons of Norway nous laisse sur une note de musique qui préserve l’espoir et on ne crache pas dessus, nous. On notera aussi l’apparition du légendaire Johnny Rotten, chanteur mythique des Sex Pistols. A voir encore le 14 juillet à  14h45 au NIFFF.