Culture | 10.07.2012

Quête identitaire

Texte de Manon Schalk | Photos de NIFFF
Dans une banlieue américaine, la petite Annie tente de trouver sa place entre son père souvent absent et Esther, cette vieille femme mystérieuse.
Annie s'attache à  cette voix mystérieuse, celle d'Esther, tombée dans un puits.
Photo: NIFFF

Annie, petite fille au mode de vie très particulier, présente sa vie de tous les jours, dépourvue de la présence et de l’amour de ses parents. Lors d’une balade à  vélo dans les bois, elle est attirée par les plaintes d’une femme, tombée dans un puits. Une histoire surprenante commence alors, celle d’une jeune fille qui s’attache malgré elle à  une simple voix émanant du vide.

 

La vie d’Annie se résume par une recherche désespérée de divertissement. Ses journées, solitaires, se résument à  essayer de trouver une occupation pour fuir son père, alcoolique névrosé tentant vainement de devenir une personne meilleure, qui l’a toujours laissé se forger seule. Tout au long du film, la musique aux sonorités enfantines fait contraste avec l’enfance cruelle et la désillusion subis par la fillette.

 

Difficile donc pour Annie de faire confiance à  quiconque. C’est pourquoi, lorsqu’elle découvre Esther la suppliant de l’aider à  la sortir du puits, elle s’invente tous les scénarios possibles, allant jusqu’à  imaginer que la femme serait une réincarnation du diable. La petite fille hésite, et prend le temps de savoir si Esther doit être secourue ou non.

 

En plein questionnement personnel, et malgré son hésitation sur le sort de la victime, la fillette lui rend visite chaque jour en lui apportant nourriture et divertissement. Mais Annie, qui n’a pas l’habitude de recevoir des ordres, n’accepte pas qu’Esther lui dise quoi faire. Elle se révolte très rapidement et refuse de continuer à  venir au puits.

 

Tiraillée entre sa fierté et son devoir, elle finit par y retourner, tentant de lui soumettre un compromis: la faire sortir avec la promesse que lorsqu’elle sera dehors, elle l’emmènera avec elle. Une vision de l’enfance décalée décrivant les doutes et les peurs d’une petite fille seule à  la recherche d’attention.

 

Tourné et produit aux Etats-Unis en 2012, Kid Thing est projeté dans la catégorie « Films of the third Kind ». A voir encore le 12 juillet à  17h45 au NIFFF.