Culture | 11.07.2012

Premières impressions

Texte de Estelle Baur
Jusqu'au 15 juillet, Tink.ch est présent au Festival de la Cité (Lausanne) qui mélange musique, théâtre et arts de la rue. Retrouvez chaque jour un focus sur les artistes qui ont marqué la soirée. Mardi, le festival accueillait entre autres le Chapelier fou, Les batteurs de pavés et Rusconi.
Le Chapelier fou Le théâtre participatif des Batteurs de pavés Et le trio suisse Rusconi, hier soir au Festival de la Cité. Photos : Zeina Takache

Tripop onirique avec le Chapelier fou

20h pile et beaucoup de monde sur la place St-Maur. Chapelier fou, vêtu d’un sage béret, prend la parole: « On croirait que c’est AC/DC qui va jouer ».

 

Voix fluette, timidité à  peine feinte, le musicien valse entre claviers, guitare et violon pour dévoiler ses rythmes tripop oniriques. Le public semble conquis. Regards médusés et sourires sincères, les têtes se mettent rapidement à  dodeliner sur les mélodies irréelles de ce jeune homme. Celui-ci semble réinventer un univers, à  mi-chemin entre les sonorités de Yan Tiersen et la narration de Crystal Castle.

 

Chapelier fou appartient à  la famille des artistes sincères; de ceux qui présentent chacun de leurs titres et ont la modestie de saluer le public à  la fin de chaque morceau. Le monde de Chapelier fou est aussi étrange que le récit de Lewis Caroll dont il s’est inspiré pour son nom de scène. En témoigne son duo avec le chanteur d’un de ses titres, par vidéo interposée. Un peu de rêve, beaucoup d’émotion, voilà  de quoi ouvrir le Festival de la Cité en beauté.

 

Hamlet revisité, par Les batteurs de pavés

Gruswägen 7 ayant été annulé pour des raisons familiales, le théâtre s’invite au Festival de la Cité avec la célèbre et plus longue pièce de Shakespeare, Hamlet. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu‘Emmanuel Moser et Laurent Lecoultre, créateurs et metteurs en scène de cette adaptation, remplacent les musiciens au pied levé et avec une énergie communicative.

 

Les deux compères se font les narrateurs de l’histoire interprétée par les membres du public. Sous le pseudonyme Les Batteurs de Pavés, ils offrent une version ludique de ce drame. Choisissant parmi la foule les futurs comédiens à  jouer les rôles titres, ils leur donnent l’unique directive de répéter la même phrase à  chaque fois que le récit prononce leur nom.

 

Le résultat est drôlissime et le public conquis. Les applaudissements fusent face à  ces situations cocasses et ces improvisations fortuites qui ont ici la part belle.

 

Dans les règles du jazz avec Rusconi

On ne présente plus le trio suisse Rusconi. C’est dans le cadre idyllique des arches du Pont Bessières qu’il a choisi de se produire hier soir. Parmi les spectateurs, quelques initiés étonnés par ce jazz viscéral et semble-t-il presque improvisé. Mais surtout de nombreux aficionados du genre qui trinquent sans quitter le groupe des yeux.

 

Interprétant tour à  tour des reprises et des morceaux de leur cru, Fabian Gislers, Claudio Strüby et Stefan Rusconi jonglent entre sonorités recherchées, voix et élans jazzy dans les pures règles de l’art. Et leur dynamisme est rapidement contagieux. À la fusion harmonique et rythmique des musiciens, se succèdent des soli endiablés dans lesquels chacun témoigne de sa virtuosité, provocant l’hystérie de la foule.

 

Et lorsqu’après une chanson plus douce le public semble s’éteindre, Rusconi le relance de plus belle, l’invitant à  participer au morceau suivant par des cris.