09.07.2012

Prague aujourd’hui…

Tink.ch vous propose un voyage, des histoires et des rencontres au travers des pays de l'Europe de l'Est.
A Prague, place de la République... ...et vue sur la Mala Strana, quartier baroque, depuis la colline de Petrin (photos : pixelio.de)

Un mois de train dans les pays de l’est de l’Europe. Cinq capitales et autant de mondes, ou si l’on peut dire de facettes d’un même monde qui a bien changé en vingt-cinq ans. Voilà  le voyage et les découvertes que je vous propose de vivre avec moi, en temps réel. On découvrira d’abord les villes, avec l’Š«il extérieur de la voyageuse, de l’étrangère.

 

Puis un éclairage totalement différent sera apporté: celui de l’histoire récente de ces pays, l’histoire des révolutions qui les ont secoués, le changement total d’identité et de système qui s’est produit il y a quelques années. Bien que j’en ferai un rapide résumé à  chaque étape, ce ne sont pas les faits historiques qui m’intéressent, mais bien le vécu de ces gens qui ont changé l’Histoire. Ces anonymes appelés révolutionnaires qui, souvent armés de leurs seuls courage et rêves d’un futur différent, se sont battus contre la violence sourde d’un régime qui les oppressait: le communisme.

 

Sont-ils plus heureux aujourd’hui? Regrettent-ils au fond d’eux ce pouvoir qu’ils ont d’abord tant aimé puis tant haï? Quels sont les rêves qui les ont poussés à  détruire ce qui fut leur quotidien pendant si longtemps? Toutes ces questions et bien d’autres seront les clefs de mon voyage, je les poserai dans chaque ville à  des gens ayant vécu et participé à  ces dernières grandes révolutions d’Europe.

 

Première étape: Prague

En un mot, le centre-ville, l’été, est touristique. Malgré sa beauté évidente et les mélanges d’architectures qui la rendent passionnante, Prague manque encore de charme. Pour le trouver, il faut fuir les grandes artères, fuir le jour et fuir les attractions touristiques. Car s’il y a bien une chose que l’on comprend à  peine arrivé, c est qu’à  Prague chaque coin de rue peut déceler une petite merveille. Les lieux les plus connus ne sont pas forcément toujours les plus beaux. Il faut chercher au petit matin, au crépuscule, ou alors même sous la pluie pour trouver l’âme de Prague. Cette âme que l’on ne fait qu’effleurer dans les lieux crépitant de flashs d’appareils photo, l’âme de la porte de l’Est, de la ville chargée d’Histoire, de l’énigmatique et romantique. Je n’écrirai pas de guide touristique des endroits où aller, il y en existe bien assez; mais je vous conseille tout de même la Mala Strana et sa colline, un petit poumon d’air peu fréquenté.

 

A présent, il faut parler d’histoire pour comprendre le témoignage qui va suivre. Dana Emingerovna était journaliste à  l’époque des révolutions pour le Mladz Svet (le « Jeune Monde »), l’hebdomadaire tchèque le plus libre de son époque; curieusement, sa rédactrice en chef était une excellente communiste.

 

Il s’en est passé des choses depuis cent ans, dans cette ville qui parait aujourd’hui très lisse par endroits. En 1918, l’énorme empire austro-hongrois explose après la Première guerre mondiale et la Tchécoslovaquie nait. C’est le début de vingt ans de prospérité, dont l’invasion allemande sonnera le glas en 1938. S’en suivent des années d’occupation, interrompues par l’arrivée tonitruante des chars russes dans Prague. Ils sont accueillis comme des héros. C’était en 1944.

 

Les communistes s’immiscent de plus en plus dans la politique tchécoslovaque, en particulier dans la sécurité, et gagnent les premières élections libres. Quatre ans plus tard, c’est le coup de Prague, évènement qui change ce système jusque-là  tout à  fait commun en dictature. Pour marquer leur opposition à  l’avancée du communisme, et ainsi mieux représenter l’avis de la population, douze ministres du gouvernement décident de donner leur démission. Douze, soit le nombre qu’il fallait de démissions simultanées pour provoquer de nouvelles élections. Mais le douzième ministre trahit ses pairs et se rétracte. Sous la pression, le président de l’époque refuse  de reprendre les onze autres. Ils sont remplacés par des communistes, qui occupent désormais tous les postes clefs.

 

Dès 1948 et jusqu’en 1968, c est à  coup d’étatisations forcées, de purges politiques et de lois liberticides que le Parti règne. En 1968, le président Dubcek tente d’instaurer le « socialisme à  visage humain » comme il le nomme: commence alors le printemps de Prague. Cette tentative de réforme sera écrasée quelques mois plus tard par la seconde entrée de l’URSS dans la ville, cette fois-ci comme ennemie. Regel. Jusqu’en 1989, la dissidence semble s’endormir, le régime se durcit et un jour les bornes sont dépassées. C’est la révolution de velours qui commence, une semaine sans violence ni combat: la foule terrasse le communisme pourrissant et met à  sa tête Vaclav Havel, comédien et dissident, longtemps emprisonné sous le régime.

 

Mais comment les Pragois ont-ils vécu le communisme au quotidien, de manière intime? Dana Emingerovna, journaliste, nous répond dans sa maison de la périphérie de Prague. Retrouvez sur cette page le récit de la rencontre.

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