Culture | 12.07.2012

Phobies en tout genre

Texte de Anne Maron | Photos de Allocine.ch)
L'angoisse et le peur sont les thèmes récurrents de cette 12ème édition du NIFFF. Le réalisateur brésilien Kiko Goifman en a fait le sujet de son film Filmefobia, diffusé au NIFFF.
Au travers de son documentaire, Kiko Goifman suit le cinéaste et théoricien Jean-Claude Bernardet dans son travail sur les peurs et les phobies. (
Photo: Allocine.ch)

Il y a des peurs qui sont banales, comme celle des serpents ou de la vue du sang, et d’autres qui le sont moins. La fibulanophobie est la peur des boutons de vêtements, la thalassophobie celle de la mer et la géphyrophobie, la peur de traverser des ponts.

Au travers de son documentaire, Kiko Goifman suit le cinéaste et théoricien Jean-Claude Bernardet dans son travail sur les peurs et les phobies. Il explore toutes les peurs, des plus fréquentes aux plus surprenantes; derrière chacune se cache une histoire qui remonte parfois jusqu’à  la petite enfance et qui provoque souvent des comportements incontrôlables et parfois impressionnants.

Les personnages sont donc mis en situation face à  leur plus grande phobie, tandis que le réalisateur observe et attend l’image qui matérialisera la peur. Car «la seule véritable image est celle du phobique affrontant sa peur», répète-t-il en boucle pour conclure son film.

 

Mais si le réalisateur joue le rôle du personnage sadique de l’histoire, cherchant sans cesse à  tester les limites de ses «patients», quel rôle jouons-nous en tant que spectateur? Une situation inconfortable, à  la limite du voyeurisme, s’impose à  nous à  tel point que ces peurs deviennent les nôtres. L’univers sombre et confiné du lieu de tournage, comparable à  un laboratoire expérimental, pousse le spectateur à  s’approprier et partager le sentiment anxiogène des personnages. Les boutons deviennent tout à  coup menaçants et les bondes de douche ressemblent à  d’immenses trous noirs. Tout semble désormais source de panique.

 

Et vous, de quoi avez-vous peur ?