Culture | 14.07.2012

Nina, Nobs et Nightwish

Texte de Juliette Ivanez
Il s'en passe des choses, dans la galaxie Jazz Festival. C'est comme si le temps d'une rencontre, Montreux devenait le centre de tout, le cS«ur de près de 50 ans de musique orchestrés par celui que le monde entier surnomme Funky Claude.
Nina Vetterli, de 69 Chambers Marco Hietala et Anette Olzon de Nightwish sur la scène du Montreux Jazz Festival. Photos : Lionel Flusin

Monsieur Nobs, comme on l’appelle ici, et son équipe n’ont une fois de plus pas démérité. Le public a pu apprécier une sélection d’artistes électriques et éclectiques: sur la Riviera, il y en avait pour tous les goûts.

 

Métal blond platine

Pour sa 46ème édition, le Montreux Jazz a encore élargi le spectre de ses inspirations musicales. Jeudi soir, le public de l’Auditorium Stravinsky s’est régalé d’une programmation flirtant avec le métal. Les Zurichois de 69 Chambers ont ouvert le bal, avec des compositions tout en contrastes.

Il faut dire que ceux-là  sont tout de même un drôle de groupe. La voix pop cristalline de Nina Vetterli se mêle habilement avec des riffs de guitare bien lourds et des ritournelles sinistres. Notre esprit conformiste reste un peu pantois lorsque la jeune femme se lance dans de profonds gargouillis gutturaux – comment un être si frêle et si onirique peut-il émettre de pareils sons? Les morceaux se suivent et se ressemblent; et si l’ensemble peine un peu à  convaincre, les 69 Chambers auront au moins le mérite d’être une formation originale.

 

Symphonie nordique

Place ensuite au groupe finnois Nightwish. En 2007, l’arrivée d’Anette Olzon au chant marque un virage musical important pour la formation qui existe depuis 1996. Loin des sonorités métal de ses débuts, le groupe s’oriente aujourd’hui vers un rock’n’roll symphonique efficace et entrainant (lire notre interview avec Marco Hietala, bassiste et vocaliste).

Sur la scène du Stravinsky, le show bien rôdé et visuellement impressionnant a remporté l’adhésion de la salle. Au milieu de plusieurs titres de leur dernier album Imaginaerum (sorti fin 2011), on peut noter le retour dans la setlist d’un classique: une reprise du titre Over the hills and far away de Gary Moore auparavant maintes fois jouée sur scène. Accompagné à  la cornemuse par le musicien Troy Donockley, il semble que le morceau a regagné ses lettres de noblesse auprès du groupe, qui l’avait longtemps laissé de côté par lassitude.

 

Chacun son morceau

Come cover me, tiré du troisième album sorti en 2000, aura également su ravir les puristes. Et les fans de la nouvelle ère ont pu se régaler des tubes Nemo, Wish I had an angel et Planet Hell, qui figuraient sur l’album Once. Paru en 2005, celui-ci avait alors remporté un franc succès, propulsant la formation finnoise dans la cour des grands. Toujours aussi énergiques et sympathiques, les membres de Nightwish, dont on perçoit la forte cohésion, ont une fois de plus conquis leur public, des fans les plus assidus  jusqu’aux simples curieux.