Culture | 14.07.2012

Le corps et la voix

Texte de Estelle Baur
Que ce soit par la danse, le chant ou l'instrument, jeudi, les artistes du Festival de la Cité continuent d'enchanter le public lausannois.
Le spectacle "Une capitale pour la danse" Martin O et Housse de Racket jeudi soir au Festival de la Cité. Photos : Zeina Takache

Une capitale pour la danse contemporaine

À l’occasion de leur anniversaire, huit institutions de la danse lausannoise se sont réunies sous le nom « Une capitale pour la danse » afin de présenter un spectacle d’exception au public de la Cité. La place du château, bondée, a été pour un soir, leur territoire.

 

Emplis de passion, toujours à  la recherche d’excellence, les danseurs se suivent et ne se ressemblent que sur un point: cette joie commune dont ils font preuve. La compagnie de danse Linga, par exemple, présente des chorégraphies avec capteurs, transformant le mouvement en musique. Les corps ondulent et se soutiennent, comme à  la recherche de l’harmonie musicale ainsi créée.

 

Si quelques places désemplissent devant cette danse contemporaine, créant un désagréable remue-ménage, la majorité du public reste, intriguée par ces nouvelles recherches artistiques. Une création originale qui inverse les rapports entre danse et musique.

 

Vocalises magiques

Il valait mieux ne pas arriver en retard au concert de Martin O si on espérait voir l’artiste hier soir. En effet, la place St. Maur a rapidement été bondée, le public débordant sur la rue. Bon nombre de parents portaient leur enfant sur leurs épaules.

 

De son côté, Martin O, accompagné d’un irrésistible accent suisse allemand et doté de beaucoup d’humour, a emporté le public dans son univers, non sans un plaisir communicatif. Prétextant un élan pédagogique, il a expliqué aux spectateurs le principe de son art, organisé autours d’enregistrements simultanés.

 

En résulte un morceau à  part entière. Car Martin O est un virtuose des vocalises. Amateur de beat-box, capable de réaliser avec sa voix seule différents instruments et répertoires, valsant de notes graves à  beaucoup plus aiguës, l’artiste explore les possibilités de cet « instrument » si souvent mal considéré dans le métier. Un show de qualité.

 

Le match en double de Housse de Racket

Housse de Racket remet la pop française à  l’honneur. Le duo – un guitariste et un batteur – tels des néo-Beatles hipsters font se déchainer filles et garçons avec des arguments conséquents comme une bonne dose de décibels et d’effets lumineux. Énergique, le duo pop a proposé de nombreuses compositions aux rythmes entrainants. Les rifs sont efficaces, les soli passionnés, les rythmes intenses, les fins abruptes et les effets recherchés très intéressants.

 

Les spectateurs, venus d’abord trop peu nombreux, ont vite vu leurs rangs grossirent grâce aux passants. Impliqués, les jeunes musiciens ont beaucoup communiqué avec le public lausannois, ce qui n’a fait qu’encourager l’enthousiasme général.

 

Comme des grands du genre, les deux artistes semblent avoir déjà  tout compris. Ils proposent même un morceau de zouk pour relancer le spectacle. Assurément, ces deux garçons de la Rochelle ont du talent. Un groupe à  suivre, qui fera parler de lui.