Culture | 23.07.2012

La Ventura

Le 17 juillet, le Paléo Festival de Nyon a ouvert ses portes pour une semaine de fête et de concerts. Manu Chao a donné le dernier concert de la journée sur la Grande Scène. La fin de quatre ans d'attente durant lesquels on a peu entendu parler de lui.
Manu Chao en concert à  Buenos Aires en décembre 2007. La présence scénique du chanteur n'a pas changé.
Photo: myspace.com/manuchao

On ne sépare pas musique et politique

Quiconque a déjà  entendu Manu Chao en direct sera peut-être rentré déçu mardi. En 2008, encore accompagné de six personnes, cette année à  Nyon, on n’en comptait plus que la moitié. Pas de cuivres, pas de DJ, mais rien que des percussions.

 

Tout le reste subsiste, semblable et intemporel. Les sons courts et répétés que l’on ne trouve que dans la musique de Manu Chao, ou sa présence grandissante sur scène, lorsqu’il chante un texte à  portée politique. A l’image de la troisième chanson qu’il interprète au Paléo: «Mr. Bobby». «Le monde devient fou, il y a urgence», dit-il. «Ce soir, je regarde par la fenêtre et ne vois aucune justice.»

 

Un homme et beaucoup de chansons

Sa popularité, il se l’est construite il y a presque quinze ans avec «Clandestino», son premier album solo. A la base prévu uniquement pour se détacher de la Mano Negra, son groupe jusqu’alors, l’album grimpe les échelons des hit-parades, et rend Manu Chao célèbre dans l’Europe entière.

 

Produisant entièrement seul presque toutes ses chansons, une combinaison de sons de rues, mélangés à  des effets informatiques et une guitare acoustique conduit ce premier album au disque de platine.

 

Au disque sorti, Manu Chao cherche un groupe. Celui-ci se renouvelle presque chaque année mais les titres ne changent pas. Les auditeurs l’ont remarqué au Paléo: peu de nouvelles chansons, mais bien des variations de «Minha Galera» entre autres.

 

Plus excentrique que véritable musicien

La vie de Manu Chao est remplie de plusieurs projets insolites. La «Caravane», par exemple, une troupe d’artistes en tournée dans les banlieues des plus grandes villes de France, offre culture et distraction aux pauvres et défavorisés.

 

D’origine espagnole, le chanteur décrit la «Caravane» comme sa famille française. Une famille dont les membres viennent de tous les recoins du monde. Cette liaison internationale se reflète dans sa musique. Quelque chose qui afflue de partout à  la fois circule dans ses chansons, afin d’aller plus loin et d’unir un petit peu les hommes, de les rapprocher.

 

Nyon invite

Environ 230-˜000 personnes se rendent au Paléo chaque été. Et, à  vue d’Š«il, la deuxième grande tête d’affiche de ce jour d’ouverture aattiré la foule qui aura reçu ce pour quoi elle était venue: une heure et demie de musique.

 

Le public, répondant avec enthousiasme par des applaudissements entre chaque chanson, a chanté haut et fort avec l’artiste. Apparemment, Manu Chao n’a rien perdu de sa popularité pendant sa trêve de scène.