Culture | 06.07.2012

« La musique nous fait faire du chemin »

Texte de Anne Maron
Amateurs de reggae, dub, hip-hop, funk et j'en passe, vous avez certainement déjà  entendu parler de Najavibes. Groupe genevois en activité depuis 1997, ils ont eu l'honneur d'ouvrir le festival sous un soleil généreux face à  un public peu nombreux mais très enthousiaste. Tink.ch a pu rencontrer Léo et Adrien, deux des membres du groupe, à  leur sortie de scène.
Le groupe Najavibes sur scène hier, en soirée d'ouverture du Montjoux Festival. (photos : Anne Maron)

Félicitations pour votre concert, c’était super ! Tout s’est bien passé pour vous ?

Léo : Oui c’était super ! On a reçu un bon accueil du public de Thonon. Les gens n’étaient pas nombreux mais motivés, ils nous ont applaudis, ils ont chanté, ils ont tapé dans les mains… Et puis on a même eu une séance dédicace et photo après le concert, donc c’était vraiment que du positif !

 

Et par rapport au public suisse et genevois ?

Léo : Ca change beaucoup parce qu’à  Genève, on a un certain nombre de public donc on fait des concerts où il y a quand même trente fois plus de monde.

Adrien : C’était une lourde tâche que nous ont accordée les programmateurs du Montjoux Festival puisqu’on était le premier groupe. On a donc ouvert cette édition 2012 mais c’était vraiment avec plaisir ! Les gens sont venus petit à  petit et on a senti une bonne énergie.

 

Le groupe a été crée en 1997, vous êtes devenus une figure assez importante dans le monde du reggae. J’imagine que le groupe d’aujourd’hui et le groupe d’il y a 15 ans n’est pas tout à  fait le même…

Léo : Ce qui a principalement changé, c’est que de nouveaux musiciens sont arrivés progressivement ; et puis on a surtout eu l’occasion de travailler avec des gens qui étaient des professionnels, notamment Asher Selector, un DJ organisateur célèbre, qui est venu s’intéresser à  nous et qui nous a permis de nous professionnaliser. Et puis c’est vrai qu’en 15 ans, il y a quand même pas mal de changement, que ce soit dans les goûts musicaux, dans la façon de vivre et d’aborder les choses. C’est donc une évolution à  la fois musicale et aussi par rapport à  l’âge.

 

On remarque que vous n’êtes pas trop du genre à  travailler seuls au sein du groupe mais vous avez beaucoup de collaboration avec d’autres artistes, on peut citer par exemple Asher Selector dont tu as parlé, Sylford Walker, Raldo Asher qui était avec vous sur scène ce soir… Qu’est-ce que toutes ces collaborations vous apportent ?

Adrien : Ca apporte énormément, et c’est aussi la raison pour laquelle on a appelé notre album « Musical Road » ; parce que sur le chemin que la musique nous permet de faire, on a rencontré toutes ces personnes. La première personne qu’on a rencontrée est Asher Selector, qu’on a croisé à  Genève, puis on a commencé à  travailler ensemble et il nous a ouvert plein de portes. Grâce à  lui on a pu rencontrer Sylfrod, les Chezidek,… Une rencontre en entraine une autre et de fil en aiguille on rencontre plein de monde. On s’est aussi dit que ce serait bien de partager notre musique avec d’autres artistes pour leur permettre d’amener leur couleur à  nos morceaux. Les collaborations sont quelque chose qui nous fait grandir.

 

On remarque très vite qu’il est assez réducteur au final de parler seulement de reggae quand on définit votre musique, parce que vous oscillez entre le ska, le funk, le dub, le hip hop,… J’imagine que vos influences doivent être très variées.

Léo : Oui, c’est ça. Chacun a vraiment son univers mais c’est clair qu’on est quand même pas mal unis sous la bannière du reggae. On a tous des groupes phares de reggae jamaïcains qui nous ont beaucoup inspirés, mais c’est clair qu’il y a vraiment des membres qui viennent d’univers totalement différents. Et puis il y a des musiciens de Najavibes qui jouent aussi dans d’autres groupes de funk, de hip hop, ou un peu plus jazzy.

 

En effet vous êtes six, vous venez tous de milieux différents et on remarque bien que chacun apporte sa petite patte au groupe. Mais n’y a-t-il pas parfois des difficultés à  travailler à  six ?

Adrien : Pour  la composition, on fait ça de manière vraiment collective : un va amener une idée et puis ça deivent peut-être une suite d’accords, et l’autre a tout à  coup une idée de ligne de basse, de chant ; et tout ça s’ajoute, et c’est ça qui donne un peu notre style. C’est sûr que ça vient des influences que l’on a chacun, des styles musicaux différents et c’est ce qui donne au final le son de Najavibes.

 

Votre dernier album « Musical Road » est sorti l’année dernière. Y en a-t-il un autre en cours ou d’autres projets à  venir ?

Léo : Exactement. On vient de sortir un album il y a deux semaines qui s’appelle « Musical Road in Dub ». C’est la continuité de l’album, ce qu’on appelle le « dub album », c’est-à -dire qu’on repasse les morceaux et on peut les réinterpréter de façon différente : ajouter des effets sur la voix, mettre plus de basse… Le dub est une musique assez fondatrice de l’électro et de toute cette spatialisation.

Adrien : Pour l’album « Musical Road », on a eu le privilège de pouvoir collaborer avec des ingénieurs anglais vraiment connus dans le milieu du dub. On s’est dit qu’il fallait profiter de cette occasion pour leur permettre de remixer notre musique, et c’est ce qui a donné l’album « Musical Road in Dub ». On avait des mix différents qu’on voulait mettre à  profit et on a décidé de sortir ce dub album.

Léo : Et puis des projets, il y en a énormément. Des clips qui sont en préparation, des clips qui sont sortis, une tournée cet été où on va accompagner un artiste chilien mais on va aussi se présenter nous-mêmes pendant tout le mois de juillet. Et on a une date à  Genève le 27 juillet, avec beaucoup d’autres artistes qui viennent de Londres et d’ailleurs.