Culture | 12.07.2012

En équilibre

Texte de Estelle Baur
En plein coeur de Lausanne, le Festival de la Cité continue de battre son plein. Son programme riche et diversifié invite à  la détente et à  la découverte.
Les Petits Chanteurs à  la gueule de bois La Compagnie Ieto et Fink mercredi soir au Festival de la Cité. Photos : Zeina Takache

Divin équilibre avec la Compagnie Ieto

La compagnie de cirque Ieto a enchanté le Festival de la Cité, mercredi soir. L’acrobate Fnico Feldmann était accompagné non pas du fildefériste Jonathan Guichard, mais de Mosi Abdu Espinoza Navarro, lui aussi acrobate, pour présenter aux spectateurs lausannois venus nombreux un spectacle frais, empli de poésie et de qualité technique.

 

Il s’agit là  d’un véritable ballet muet dans lequel les corps s’élancent et défient les lois de la gravité et de l’équilibre; les gestes se suivent harmonieusement, le jeu rebondit sans cesse, témoignant de la complicité des deux hommes. On croirait à  des enfantillages, mais l’on reste saisi par l’élégance et la fluidité des figures qui se jouent du vide et, semble-t-il, tendent à  toucher le ciel.

 

Le spectateur reconnaitra dans ces numéros les influences de la danse contemporaine et du hip-hop. Mais il retiendra surtout les acrobaties spectaculaires réalisées sur des objets détournés du quotidien, à  l’instar d’un banc d’école transformé en balançoire sur lequel chacun trouve son équilibre.

 

Chanson satirique par les Petits Chanteurs à  la Gueule de Bois

Le retour des influences finement «retro» a de beaux jours devant lui. En attestent Les Petits Chanteurs à  la Gueule de Bois, quatuor de La Chaux-De-Fonds, vêtu de costards et nŠ«uds papillons, qui reprend les vieux répertoires. De la valse-musette à  la java, en passant par les chansons à  boire, ces quatre joyeux compères, mis en scène par Thierry Romanens, dévoilent leur univers plein d’humour, de finesse et de tendresse.

 

Guitares, contrebasse et batterie s’en sont donnés à  cŠ«ur joie pour faire rire et danser le public venu en grand nombre à  la place St-Maur. Les pieds battent la mesure, les corps se meuvent timidement de gauche à  droite sur la musique de ces artistes qui témoignent d’un réel plaisir de jouer ensemble.

 

Et si vous êtes passés à  côté, sachez qu’ils joueront encore samedi et dimanche prochain.

 

Le flegme britannique de Fink

Tout droit venu de Grande-Bretagne, voici Fink et sa folk à  la fois bluesy et évanescente. Chacun s’accordera au sujet de son professionnalisme remarquable; c’est que l’artiste est loin d’être un débutant. DJ et producteur, ce n’est que dans le début des années 2000 que Fink se lance dans les curieuses sonorités qu’on lui connaît aujourd’hui. Elles lui ont notamment attiré la sympathie des grands du genre comme Radiohead ou Gilles Peterson.

 

Pleine de douceur et de sensibilité, la musique de l’artiste anglais enveloppe et témoigne d’une étrange sensualité. Difficile en effet de trouver un qualificatif pour ces tonalités étonnantes où se mêlent accords de synthétiseur et mélodies à  la guitare. Et puis il y a cette voix, éraillée, qui déchire le jour déclinant et amène cette intense profondeur qui ferme les yeux de certains.

 

Une musique dense, entière et néanmoins incroyablement légère, qui nous pousse à  rêver de grands espaces. Elle aura, du moins, attiré un nombre impressionnant de spectateurs!