Culture | 14.07.2012

Braver la pluie

Texte de Estelle Baur
Vendredi, cinquième jour de festivités à  la Cité; et hors de question de laisser la météo gâcher la fête.
Menwar Le spectacle "Orgue, amour et délice" et le duo CocoRosie vendredi soir au Festival de la Cité. Photos : Zeina Takache

Dialogue inédit: orgue, amour et délice

Vivaldi, Shakespeare, Wagner, la Bible. Quatre sources d’inspiration principales pour glorifier trois mots, « orgue », « amour » et « délice », trois rares substantifs de la langue française à  s’écrire au masculin singulier et au féminin pluriel. Le concert s’est articulé autour d’un dialogue entre l’instrument et la voix.

 

Si Jean-Christophe Geiser, titulaire de l’orgue de la cathédrale de Lausanne, fait preuve de quelques lourdeurs et libertés rythmiques, Marika Dreistadt, depuis l’orgue, déclame le texte de Shakespeare avec une émotion étonnante. S’engage alors un dialogue magique entre la comédienne et l’instrument. C’est en fait ce dernier qui est l’élément principal de cette création inédite. Les titres des morceaux se mêlent au texte du célèbre dramaturge anglais, réinterprétant une nouvelle histoire. Malheureusement, l’acoustique trop importante de la cathédrale et le jeu parfois inégal du musicien peinent à  soutenir l’ensemble de cette création, néanmoins très originale.

 

Voyage musical avec Menwar-Twra Cinq Sous

Remède efficace contre la pluie qui a gagné hier soir le festival, Menwar-Twra Cinq Sous et son accent chantant a ensoleillé la Fabrique, devant un public assez pauvre mais néanmoins ravi. Avec ses sonorités de l’Ile Maurice et ses textes créoles, Menwar a pourtant un look très jamaïcain. Ses accords de guitare, simples et efficaces, entraînent quelques spectateurs dans une danse effrénée et bientôt les parapluies se secouent sur la place.

 

Construits à  partir de tiges de fleurs de canne et de coques de pistaches, Menwar a lui-même fabriqué ses instruments. Et lorsqu’il s’arme d’une feuille de plastique pour réaliser de nouveaux effets sonores, le public est enchanté. Twra Cinq Sous, le dernier projet du musicien, met en scène trois musiciens habités par une même volonté pacifique. Le message est reçu cinq sur cinq, grâce aux rythmes intensément roots. Pour sa première venue en Suisse, Menwar a donc été plutôt bien reçu.

 

La psyché-folk évanescente de CocoRosie

Tête d’affiche de cette 41ème édition du Festival de la Cité, les CocoRosie étaient attendues par une foule impressionnante, venue braver la pluie, qui, pour l’occasion, avait subitement cessé. Les deux sŠ«urs étaient accompagnées de Rajasthan Roots,  ensemble originaire du Rajasthan en costumes traditionnels. Il remplace, à  l’occasion de ce nouvel opus, les bruits du quotidien et autres « traficages électroniques » que l’on connaissait au groupe. Enfin, invité de marque, le beatboxer français Tez a scandé ses rythmes énergiques sur scène.

 

Vêtues d’un duffle-coat « Iowa » ou d’un uniforme des employés de la route, les deux américaines ont offert un show incroyable mêlant sonorités électros, arrangements classiques, voix féeriques et élans lyriques pour proposer au public lausannois leur univers onirique qui a reçu un merveilleux accueil. Un melting-pot des genres, des époques et des cultures qui leur vont à  ravir. Du très grand art!