Culture | 14.07.2012

A la limite de l’imaginaire

Texte de Anne Maron
On connaissait le cinéma indien sous l'angle coloré des histoires d'amour impossibles de Bollywood, avec ses chants et ses danses si caractéristiques. Mais l'Inde concoure également pour la compétition internationale au Neuchâtel International Fantastic Film Festival. De quoi remettre en question nos idées toutes faites sur le cinéma indien.
La noirceur du thriller et l'élégance des saris Photos: NIFFF

Tout semblait sourire à  Srinivas: un bon travail d’architecte, une promotion qui l’attend aux Etats-Unis, une jolie fiancée… Mais un soir, c’est l’accident. Sa voiture fait une sortie de route et « Srini » s’en tire avec le visage à  moitié brûlé. Sa fiancée, indemne mais très choquée, préfère se reconstruire seule et met fin à  leur relation.

Perturbé par tous ces récents évènements, le jeune homme décide d’aller de l’avant et rencontre Ragini, une femme à  la beauté envoutante qui conserve le mystère sur son passé. Ils se marient peu de temps après mais rapidement, Srini émet des doutes quant à  la véritable identité de sa nouvelle femme. En effet, Ragini semble être dotée de pouvoirs étranges comme celui de prévenir les accidents ou encore de se déplacer sans laisser de trace. Pour Srini, cela ne fait aucun doute: Ragini est une yakshi, une créature surnaturelle qui se nourrit du sang des humains. Il faut s’en débarrasser avant qu’il ne soit trop tard…

 

Avec Akam, la réalisatrice nous offre son tout premier long-métrage de fiction, un thriller psychologique dans lequel un homme se retrouve piégé par ses propres angoisses. Où se trouve la limite entre réalité et imaginaire?  Et si le rythme de l’intrigue est parfois un peu lent, le scénario n’en reste pas moins bien ficelé; on est rapidement pris par l’histoire pour finalement chercher nous aussi à  démêler le vrai du faux.

Avec cette adaptation du roman de Malayattoor Ramakrishnan, Yakshi, sorti en 1967, la réalisatrice Shalini Usha Nair a su combiner avec un grand professionnalisme la noirceur du thriller à  l’élégance des saris. Une preuve que le cinéma indien regorge de créativité, bien loin des productions bollywoodiennes faramineuses.