Culture | 18.06.2012

L’art qui mérite le déplacement

Texte de Sayaka Mizuno
Les amateurs d'art se sont réunis du 14 au 17 juin à  Art Basel, la première foire internationale d'art contemporain. Cofondée par Ernst Beyeler en 1970, elle attire aujourd'hui chaque année près de 60 000 visiteurs.
L'exposition Art Unlimited L'oeuvre la plus chère d'Art Basel: Mark Rothko, "Untitled" , 1954 (photos : Katharina Good)

Dans les grands Halls de la Messeplatz, collectionneurs, galeristes, artistes, commissaires d’expositions ou simples curieux se sont pressés pour admirer les Š«uvres des quelques 300 galeries sélectionnées. Il y en avait pour tous les goûts : des grands maîtres de l’art moderne aux dernières générations d’artistes émergents. Peintures, sculptures, dessins, installations, photographies, vidéos et travail éditorial de plus de 2500 artistes se sont côtoyés en une diversité visuelle passionnante.

 

Parmi les Š«uvres de l’espace d’exposition « Art Unlimited« , on a pu admirer Untitled (Paula) de Rudolf Stringel. Un portrait à  l’huile monumental à  l’apparence d’une photographie mais qui, à  mesure que l’on se rapproche, révèle les touches de pinceau. Une méthode qui n’est pas sans rappeler l’impressionnisme.

On a également pu voir You and My Friends de Ryan McGinley, des portraits de jeunes fans de concerts photographiés à  travers les Etats-Unis et l’Europe ces quatre dernières années. L’artiste a réussi à  y capturer les fortes émotions reflétées sur les visages éclairés par les projecteurs.

Dans un tout autre genre, Douglas Gordon avec Henry Rebel, nous livre une installation de deux vidéos inspirées de scènes de La Fureur de Vivre de Nicholas Ray. Un travail captivant qui trouble notre perception.

La programmation d’« Art Galleries » ne décevait pas elle non plus. Des Š«uvres de New York, Sao Paulo ou encore Tokyo se faisaient mutuellement de l’ombre, comblant immanquablement les attentes d’un public avide de nouveautés.

 

En parallèle d' »Art Unlimited » et « Art Galleries », des événements parmi lesquels notamment des conversations d’artistes se sont déroulés. Pour les cinéphiles, des projections étaient également organisées; on a pu notamment voir le film « Ai Weiwei: Never Sorry » d’Alison Klayman, qui a suivi le très provocant Ai Weiwei dans l’intention d’apprendre le chinois pour finir par lui dédier un film.

 

Enfin Art Basel, c’est aussi et surtout des chiffres: l’Š«uvre la plus chère, une huile de Rothko de 1954, a été annoncée à  78 millions de dollars. Un prix qui suscite des réactions mais qui prouve encore une fois que l’art est un marché qui ne connaît pas la crise.

Du reste depuis 2002, Art Basel s’exporte à  Miami et une première édition à  Hong Kong verra le jour en 2013; de quoi stimuler encore l’émergence de nouveaux marchés et la rencontre avec de jeunes artistes.