13.06.2012

D’un cycle à  l’autre: quelles perspectives après l’impasse de Doha?

Texte de Laetitia Mathys
Mardi dernier, l'IEUG (Institut Européen de l'Université de Genève) accueillait M. Angelo Pangratis dans le cadre des Midis de l'Europe.
"Même si on ne peut pas clôturer tous les points, il faut continuer à  négocier là  où nous le pouvons." (photo: wilsoncenter.smugmug.com)

M. Angelos Pangratis, Ambassadeur de la mission permanente de l’UE à  l’Organisation Mondiale du commerce (OMC), était l’invité du jour des Midis de l’Europe, le 5 juin dans les salons du Grand théâtre, à  Genève. Le sujet de la conférence: «D’un cycle à  l’autre: quelles perspectives après l’impasse de Doha?».

 

Pour Angelos Pangratis, deux raisons expliqueraient la stagnation depuis 2005 du cycle de Doha: l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est une organisation multilatérale et elle a du mal à  établir des règles communes. Le processus de décision est donc lent et difficile. De plus, avec l’élargissement de l’OMC, de plus en plus de membres y sont inclus, rendant plus difficiles les processus de décision. L’Agenda est peut-être trop global selon M. Angelos Pangratis, puisqu’il introduit 19 points, dont plusieurs, telle l’agriculture, sont connus pour être objets de controverses.

 

C’est en novembre 2001 qu’avait lieu la célèbre conférence ministérielle qui a institué le Cycle de Doha. De manière générale, il porte surtout sur la libéralisation du commerce international et le développement des pays du «Tiers-Monde» et des pays émergents. Sur les 19 mandats de négociation de ce cycle, l’agriculture, l’accès au marché pour les produits non-agricoles, la transparence des marchés nationaux, les droits de propriété intellectuelle, les mesures anti-dumping et surtout, l’accès au marché international des pays les moins avancés (PMA) ont été les sujets les plus médiatisés.

 

Plus de dix ans plus tard, «Doha» n’est toujours pas conclu. Pourquoi ?

Cet accord global implique plus d’une centaine de pays, complexifiant le processus. En effet, la plupart des pays en voie de développement ont un vif avantage à  tenir les négociations, mais leurs intérêts restent très différents de ceux des pays industrialisés, ce qui ralentit les procédures. Par conséquent, les négociations sont actuellement gelées, et la conclusion du cycle de Doha se fait encore attendre aujourd’hui.

 

Aujourd’hui, les membres de l’OMC admettent que ce Cycle est une impasse. Il a toujours été question d’agir selon le concept de «l’engagement unique», qui sous-entend que « rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu ». Aujourd’hui, ce concept est réorienté prioritairement vers des accords ayant une chance de se réaliser. «Même si on ne peut pas clôturer tous les points, il faut continuer à  négocier là  où nous le pouvons», insiste l’Ambassadeur.

 

La patience est de mise

Ainsi, la solution serait d’avancer grâce à  la méthode des «petit pas», que connaît bien l’Europe de Jean Monnet. Selon M. Pangratis, ce n’est qu’une période de transition qui permettra de trouver un équilibre entre le désir des uns et la nécessité des autres. Et d’arriver vers une zone globale d’accords partagés. «Les défis du commerce international sont beaucoup plus grands aujourd’hui, dans un monde qui ne cesse d’évoluer et de se complexifier», précise-t-il.  Il n’a donc jamais été question d’abandonner le cycle de négociations de Doha, mais la patience reste de mise puisque personne ne peut prédire quand ce cycle sera conclu, si cela est possible. Tant que Doha existera, l’espoir durera pour les pays en voie de développement qui y gagneront à  négocier en groupe face aux pays développés.

 

L’OMC: centre des négociations commerciales

L’Ambassadeur a également rappelé les buts de l’OMC: elle sert de cadre aux négociations commerciales, règle les différends commerciaux, examine les politiques commerciales nationales, aide les pays en développement dans le domaine de la politique commerciale par le biais de l’assistance technique et des programmes de formation et coopère avec d’autres organisations internationales.

 

Angelos Pangratis en plus d’être actuellement l’Ambassadeur de la mission permanente de l’UE à  l’Organisation Mondiale du commerce (OMC), a aussi été Chargé d’affaires auprès de la Délégation de l’Union Européenne pour les Etats-Unis et Député de la délégation de l’UE auprès des Etats-Unis à  Washington DC entre 2005 et 2010. Ambassadeur de la délégation de l’UE auprès de la Commission pour l’Argentine, député de la mission de la délégation de l’UE en Afrique du Sud entre 1995 et 1997 et en Corée du Sud de 1990 à  1994, il bénéficie d’une grande expérience du commerce international.

 

Ähnliche Artikel