Culture | 14.05.2012

Dark Shadows: « What sorcery is this? »

Un vampire assoiffé revenu du passé, une sorcière vengeresse et une famille complètement déglinguée? Adapté de la série Dark Shadows des années 60, Tim Burton signe là  un nouveau chef d'S«uvre d'absurde merveilleux, en salle depuis mercredi.
L'affiche du film (image: www.filmsfix.com)

En 1776, Barnabas, fils unique de la très prospère famille Collins, assiste à  la mort de sa bien-aimée Josette, provoquée par la sorcière Angélique Bouchard, jalouse de l’amour du jeune homme. Lui-même est transformé en vampire et enfermé dans un tombeau, mais accidentellement libéré de sa prison… 200 ans plus tard. De retour à  Collinwood, le manoir familial, Barnabas rencontre sa descendance insolite: Elizabeth Collins Stoddard, la matriarche, ainsi que sa fille Carolyn, adolescente rebelle, et Roger, le frère d’Elizabeth qui n’a rien d’un modèle pour son jeune fils David. A cela on ajoutera le gardien du manoir, la (très) vielle femme de ménage, la doctoresse Julia Hoffman, psychiatre à  domicile, et la jeune gouvernante Victoria Winters, fraîchement débarquée. C’est parmi ces personnalités excentriques mais formant pourtant une harmonie étrangement équilibrée que Barnabas trouve peu à  peu sa place. Très rapidement, il découvre qu’Angélique Bouchard est la cause de la ruine du commerce familial et il se met en tête de redonner au nom de Collins sa grandeur passée.

 

Adaptant la série du même nom qui était diffusée à  la fin des années soixante, Tim Burton se tourne vers le registre de la comédie, enchaînant les scènes absurdes et les quiproquos dus à  l’intégration du vampire à  la vie contemporaine. On peut citer comme exemple la scène de la confrontation de Barnabas, aristo obsolète, avec le milieu hippie des Sixties. D’ailleurs, le film associe les musiques pop-rock de l’époque et les mélodies du compositeur favori de Burton, Danny Elfman. Le film fait également un clin d’Š«il à  la série au travers du caméo de quatre acteurs du casting original, qui apparaissent à  l’entrée du bal donné à  Collinwood.

 

Les personnages sont particulièrement intéressants à  observer. Dans la lignée d’Edward (Edward aux mains d’argent, également réalisé par Tim Burton), Barnabas est une créature cherchant à  s’adapter au monde qu’il (re)découvre, devenu socialement incapable à  la suite de son séjour prolongé dans un cercueil. Heureusement, sa famille l’adopte presque spontanément, ses membres étant tous plus improbables et fantastiques les uns que les autres. Le thème de la loyauté à  la famille est récurrent tout au long du récit, et il est finalement exprimé par le proverbe « blood is thicker than water », le sang est plus épais que l’eau (libre à  vous d’interpréter l’utilisation des éléments sang et eau dans le film…)

 

Au final, les rôles féminins sont les plus notables, avec tout spécialement l’apparition inoubliable de l’actrice française Eva Green en sorcière déchaînée. Helena Bonham Carter est également captivante dans son habituel rôle extravagant, cette fois-ci dans la peau d’une psychiatre alcoolique. Bella Heathcote attire particulièrement l’attention par la ressemblance du fantôme de Josette avec Emily, la mariée défunte des Noces Funèbres (autre film du réalisateur), et son incarnation sublime de la poupée triste et mélancolique caractéristique de Tim Burton.

 

En résumé, ce film ravira les fans de Tim Burton autant que les amateurs de la série originale, mais également toute personne prête à  la découverte. N’hésitez donc pas à  aller voir cet envoûtant long-métrage, vous ne serez pas déçus !

 

 

Avec Johnny Depp, Bella Heathcote, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Chloë Grace Moretz, Jonny Lee Miller, Gulliver McGrath, Jackie Earle Haley, Ray Shirley et Helena Bonham Carter.