Culture | 16.05.2012

Balélec en vert

Balélec, l'institution des festivals estudiantins, montre la voie! La voie de la fête certes, mais pas uniquement. Cette année, l'équipe de Tink.ch laisse les concerts de côté et relate un festival vert, réfléchi, en un mot : intelligent.
Gobelets réutilisables, flyers en papier recyclé ou cendriers de poche : le marketing écolo de Balélec (photo : www.balelec.ch) Après une visite sur le stand info sida, on repart incollables sur la transmission du virus (photo : Xavier Willemin)

C’est une image écologique, responsable et forte que veut se donner Balélec. Autour des différentes scènes, partout des indices laissent à  penser que rien, dans l’organisation, n’est laissé au hasard. Par de multiples actions, l’équipe du festival tend à  sensibiliser les jeunes à  de nombreuses thématiques chères à  son cŠ«ur, chères à  la société, et surtout chères au monde de demain. Sous la tente du point info, les capotes gratuites se transforment en goodies pour promouvoir le festival ; et on distribue de petites boites de pellicules recyclées en cendriers de poche. L’écologie, l’alcool au volant mais aussi la lutte anti-tabac, la prévention du sida et autres IST ; Balélec apparaît comme un festival bien plus préventif et en avance sur ses alter ego.

 

Des stands d’information sont disséminés sur le terrain de l’EPFL. Discrets, placés en retrait de l’esplanade, ils peinent un peu à  attirer l’attention des festivaliers. Les bénévoles présents dispensent pourtant de précieux conseils. Du côté de la prévention de l’alcool au volant, un écran tactile permet de calculer, en fonction de son poids, son âge et sa consommation d’alcool, l’heure à  laquelle on peut reprendre la route sans danger. Prise de conscience : un repas léger, deux bières, et le fameux seuil des 0,5 grammes par litre de sang est déjà  largement atteint.

 

Heureusement il est facile de rentrer à  bon port après la folle soirée, à  bord des moyens de locomotion affrétés par le festival. A Balélec, on ne nous incite pas seulement à  venir en transports en commun : on déploie  aussi des trains et bus supplémentaires jusque tard dans la nuit, même à  destination du Valais. Et à  Balélec on ne fait pas que mettre à  disposition des poubelles de tri sélectif : toute la vaisselle est réutilisable et consignée, assiette et couverts compris. Loin d’être invasive ou moralisatrice, cette organisation fait partie intégrante de la vie du festival. Jonathan Sidler, co-responsable pour la gestion environnementale, n’est pas peu fier de constater que Balélec a une longueur d’avance : « 80% des festivaliers viennent en transports en commun, et nous utilisons depuis 2006 déjà  les gobelets réutilisables. Dans l’esprit de notre politique environnementale, nous souhaitons que Balélec soit un festival avant-gardiste en matière d’écologie ». On prône ici une mise en pratique de ce que les organismes clament depuis des années : un petit geste ne coûte rien. Et à  grande échelle, il y a un véritable impact. Ce sont donc, par exemple, des tonnes de déchets qui sont économisés au prix d’un petit tour au stand « retour de vaisselle ».

 

Festival résolument jeune mais non moins engagé : en récompense de nombreux efforts, Balélec a été en 2007 le premier festival de Suisse à  recevoir la certification ISO 14001. Celle-ci est accordée notamment en reconnaissance du respect de l’environnement, de la qualité du service offert aux festivaliers et du professionnalisme des organisateurs. Prônant une action locale pour une prise de conscience globale, Balélec nous prouve qu’il est possible d’organiser le plus grand festival étudiant d’Europe tout en maîtrisant son impact sur l’environnement.