Culture | 03.04.2012

Quand la science rencontre le cinéma

Texte de Anne Maron
Associer la science et le septième art : tel était le pari du festival CinéGlobe qui s'est achevé dimanche dernier, après 5 jours de projections de films inspirés par la science et d'évènements parallèles. Et pour accueillir un tel programme, le CERN semblait être le lieu idéal pour illustrer le lien étroit qui unit la technologie et le cinéma.
Science et cinéma sous le globe (photo : Claudia Marcelloni)

Pour cette troisième édition, le festival CinéGlobe s’est penché sur les interactions qui nous lient au quotidien en prenant pour thème l’ « infiniment interconnecté ». Les progrès de la technologie en matière de santé, les réseaux sociaux, le développement de l’activité humaine… Tous ces phénomènes font que nous ne pouvons plus imaginer un monde où la science se limiterait à  la découverte des horloges à  eau. Avec un total de 55 courts-métrages sélectionnés parmi plus de 1400 participants venus de 107 pays différents, la programmation a repoussé les limites de la richesse et de l’originalité pour nous amener à  réfléchir sur l’omniprésence, l’efficacité et les bienfaits d’une avancée technologique et scientifique grandissante.

 

Au programme, des projections bien sûr, mais également des manifestations parallèles, comme des ateliers de discussion, ont été mises en place pour partager, échanger autour du thème, que l’on soit un scientifique averti ou un habitué des mauvaises notes en physique-chimie. Une bien belle manière d’aborder les sciences (puisqu’il n’y en a pas qu’une) de façon originale. Ainsi, le public du CinéGlobe a notamment pu apprécier la performance live du groupe britannique Bristish Sea Power qui a composé sur demande du festival la bande originale du film roumain Out Of the Present, retraçant l’épopée du cosmonaute Sergueï Krikelv au sein de la station Mir en 1991. Encore une marque de l’interaction entre cinéma et  technologie, musicale cette fois. Le festival a également eu le privilège d’accueillir pour une première en Suisse, le docu-fiction de la française Sophie Revil, Un CŠ«ur qui bat, qui relate le parcours haletant de la plus merveilleuse des avancées médicales : la transplantation cardiaque.

 

A l’issue de ce festival,  le jury, composé à  la fois de scientifiques et de cinéastes reconnus à  travers le monde entier, a salué la large diversité des films en compétition en récompensant des productions abordant des thèmes divers dans des styles complètement différents. Le jury a entre autre sacré le film espagnol, La Huida, comme le meilleur film « infiniment interconnecté ». Le public a également participé aux récompenses en remettant le Prix du Public du Meilleur documentaire à  l’émouvant Hombe Maquina de Moral Alfonso et Roser Corella et à  celui de la Meilleure Fiction à  l’hilarant Suiker du néerlandais Jeroen Annokkze.

 

Le festival CinéGlobe est l’un des seuls à  Genève qui aborde le cinéma sous l’angle de la science et la technologie, pour nous faire prendre conscience que le monde tourne désormais autour des progrès techniques. Pour aujourd’hui, et pour demain.