Culture | 12.04.2012

Polymanga vole plus haut que ses espérances

Texte de Zeina Takache
La convention suisse de culture japonaise a fermé les portes de sa 8ème édition le 9 avril dernier au Palais de Beaulieu à  Lausanne. Retour sur trois jours à  l'ambiance unique.
Le palais de Beaulieu a une fois de plus accueilli la manifestation.

Il est 21h ce 9 Avril: j’annonce au micro, en qualité de staff de la manifestation, la fermeture définitive de Polymanga 2012. Le staff revient au quartier général et laisse exploser sa joie. Mieux, il s’empart du micro et diffuse, euphorique, des annonces sans queue ni tête, mais qu’importe : cela fait rire tout le monde. Les derniers doutes et les dernières craintes s’effacent, car si l’humeur est à  la fête à  ce moment-là , elle ne l’était pas le premier jour de la convention où la pluie et les nuages s’étaient invités sous le ciel de Beaulieu. Les averses allaient-elles refréner la venue des visiteurs ? Allait-on passer à  côté de l’objectif tant caressé par le créateur de Polymanga, David Heim ? A la surprise générale, en ce samedi 7 avril, le public est là , fidèle, et les files d’attente ne dégorgent pas : pendant près de quatre heures, la foule se presse aux portes de la convention, une première pour Polymanga : « Incroyable ! On n’a jamais vu ça» disent certains membres du staff. En effet, au total, c’est plus de 20’000 entrées qui ont été vendues : l’occasion de dire que l’objectif de David Heim se concrétise avec 3500 visiteurs de plus que l’année précédente !

 

Mais au fait Polymanga, ça vient d’où ? « C’est un long processus » explique le fondateur de la manifestation : « A quatorze ans, j’ai lancé le plus grand site de jeux vidéos de Suisse, puis plus tard, j’ai fait deux ans d’école de communication et management et je me suis dit qu’il fallait que je fasse mon événement » Un pari réussi, puisqu’après son lancement en 2004 à  l’EPFL, la convention prend l’ascension vers Genève Palexpo en 2005, puis vers le palais de Beaulieu en 2006. « C’est une convention principalement japonaise, mais c’est le côté un peu déjanté et voir du monde qui m’attire ! » me confie Antoine, 18 ans et visiteur de la convention pour la troisième année consécutive.

 

«  Qu’on aime ou qu’on aime pas, c’est l’occasion de découvrir de nouvelles choses et de s’épanouir, c’est un univers complet et tellement polyvalent ! » me dit Tim, un nouveau membre du staff de la manifestation. Outre les projections de dessins animés japonais, le coin shopping, les célèbres et traditionnels cosplays de groupe et individuel de Bullejapon, Polymanga a accueilli la deuxième volée d’artistes participant à  Arting Spirit, un concours de dessin sur toile dont le thème était 20 minutes. Kmye Chan, parisienne, biologiste le jour et illustratrice la nuit est l’une des artistes à  y avoir participé : « On m’a proposé de venir pour le concours et j’ai trouvé ça marrant de peindre devant le public de Polymanga ! C’était ma première expérience en salon, j’ai trouvé qu’il y avait une très bonne ambiance. »

 

Les Picasso semi-professionnels n’ont pas été les seuls à  enchanter le public : des conférences, des invités de marque comme Masashi Terajima, auteur d’Undead, ou le très populaire commentateur de Minecraft, Bob Lennon, connu sur Youtube, ont fait le bonheur de nos visiteurs. « La pop culture, ça déchire ! » me dit David Heim, père fondateur de Polymanga. De la douce voix d’Emy Meyer jusqu’au groupe visual kei BLOOD, en passant par les zombies qui se promenaient dans la convention grâce au stand maquillage, la diversité est complémentaire. « Polymanga en huit ans, c’est plus de visiteurs, plus de bénévoles, plus d’artistes et du coup, c’est plus d’émotions aussi » conclut son géniteur. La fête peut donc continuer au quartier des staffs, la manifestation continue à  marcher sur les routes du succès.