Culture | 24.04.2012

La relève du rock français

Texte de Anne Maron
Ceux qui pensaient que le rock francophone avait disparu avec la dissolution de Noir Désir peuvent se réjouir: la relève est assurée! C'est le constat qui a pu être fait vendredi soir en sortant de L'Usine, encore enivrés de l'énergie débordante de The Chase et d'Izia.
Izia à  l'Usine, vendredi dernier. Les montpelliérains de The Chase en première partie. On a tôt fait d'oublier la "fille de" pour ne retenir que la tigresse. (photos : Anne Maron)

21h. Il y a foule devant l’entrée de L’Usine. Il fait froid, mais on patiente, on piétine jusqu’à  l’ouverture des portes. Une première bière et je me positionne tout près de la scène, appareil photo en main.

 

21h45. Les six membres de The Chase montent sur scène presque sans prévenir. Il faut dire que c’est tout aussi discrètement que le groupe montpelliérain commence à  faire son apparition dans le monde de la musique française. Une histoire de rencontres musicales qui a donné lieu en septembre dernier à  un premier album pop-rock plein d’énergie et de bonne humeur. Rapidement, je me rends compte que mon pied gauche ne peut s’empêcher de battre la mesure. Le public suisse est, pour une fois, au rendez-vous. Tout le monde vibre de cette même énergie enthousiasmante. Le groupe est ravi de pouvoir profiter du public d’Izia en première partie, et nous aussi. Prochain rendez-vous au Printemps de Bourges !

 

22h45. Toute de noire vêtue, c’est au tour d’Izia d’entrer en scène. Déjà  échauffés par la succulente première partie de The Chase, nous ne tardons pas à  suivre la jeune chanteuse dans sa fougue musicale. Les médias la décrivent comme une véritable tigresse sur scène et en effet, nous découvrons une Izia bouillonnante. Elle envahit la scène, tutoie son public et devient une boule de feu sensuelle et incandescente. Mais Izia a su conquérir l’audience au-delà  de son effervescence et de sa grande gueule qui n’hésite pas à  insulter ceux qui n’apprécient pas sa musique.

 

Née dans le monde de la musique entourée d’un Jacques Higelin comme papa et d’un Arthur H dans le rôle du demi-frère, il lui a fallu prouver qu’elle n’était pas que la «fille de». Ce fut chose faite lors de la sortie de son premier album, récompensé six mois plus tard aux Victoires de la Musique dans la catégorie Album pop/rock de l’année et Révélation scène de l’année. Deux ans plus tard, une nouvelle Victoire pour son deuxième album, So Much Trouble, sorti en novembre dernier. Et si son premier album allait toujours chercher l’extrême de ses capacités vocales au risque de s’égosiller, on apprécie davantage la retenue de ce deuxième opus dans lequel on découvre une voix d’une puissance remarquable, dont elle maîtrise les éraillements pour mieux les mettre en valeur. Et le public en redemande encore, à  l’exception de mon étrange voisin qui, par je ne sais quel phénomène irrationnel, n’a pas bougé un orteil durant tout le concert.

 

Deux rappels plus tard, Izia nous interprète au piano une chanson inédite un peu plus bluesy, composée alors qu’elle avait 15  ans (et dire qu’à  15 ans, je faisais encore des scoubidous…). Aujourd’hui, à  seulement 21 ans, Izia nous prouve sans détours qu’elle fait désormais partie du paysage du rock français, et qu’elle compte bien continuer à  tracer sa route.

 

00h35. A la sortie de L’Usine, il fait toujours aussi froid. Mais l’ambiance qui a régné ce soir nous électrise le cŠ«ur.