Culture | 03.04.2012

Artiphys lance Artiboules !

Il y a de ces festivals qui, tout en discrétion, se créent une solide réputation dans le monde de la musique. Artiphys fait partie de ceux-là  et n'a pas manqué de le prouver une fois encore jeudi 22 mars.
Photo : Rémi Bouché pour Artiphys

Pour cette 22ème édition, c’est à  guichets fermés que le festival s’est déroulé. Il y avait foule jeudi aux portes de l’EPFL. Sold out la veille, deux cents billets étaient encore réservés pour le soir-même. Malheureusement cela n’a pas suffi et certains se sont vus refuser l’entrée. La faute à  de nouvelles normes de sécurité qui ont restreint encore le nombre de festivaliers par rapport aux années précédentes. « Cela nous peine beaucoup d’avoir dû refouler ces personnes, alors que techniquement on pourrait encore accueillir du monde, regrette Lucie Maret, administratrice du festival. Mais cela nous fait également très plaisir de voir que notre festival gagne en notoriété et que tant de monde est présent pour y participer. »

 

Bon nombre de soirées musicales sont organisées chaque année à  l’EPFL. Balélec bien sûr mais aussi Polynite ou Sat Rocks. Artiphys, avant d’être une fête d’étudiants, se veut musicalement attractif et diversifié. Et ce n’est pas l’édition 2012 qui a failli à  sa réputation qui s’étend bien au-delà  des murs de l’EPFL. Première grande surprise de la soirée, Metropolitan Parc. Des mélodies douces et rythmées à  la fois, une voix passionnée et il n’en faut pas plus pour émouvoir le public qui est désormais plongé au cŠ«ur d’Artiphys.

 

Cette année, grande nouveauté ! Mieux que ça : une exclusivité ! On ne sait pas de quel esprit déluré cette idée est sortie, mais le résultat est là  : 30’000 balles de plastique multicolores ont envahi ce qui est devenu le premier danceflor – piscine à  boules ! Et c’est Finger Tanzen qui a été choisi pour inaugurer cette expérience d’un nouveau genre. Ce jeune duo lausannois (moins d’un an d’existence) a pourtant déjà  foulé le sol du Mad de Lausanne ou du Montreux Jazz Festival. Les deux artistes colorés et bourrés d’énergie se sont parfaitement fondus dans l’ambiance folle de la piscine. Des boules jaillissant de partout, une électro enjouée, Artiboules (c’est le petit nom qui a été attribué à  l’événement) était THE place to be à  Artiphys !

 

Pour sa 22ème édition, le festival avait convié Stereo Heroes et Asphaltchild pour cloturer la soirée. Stereo Heroes, duo marseillais, n’a eu aucune peine à  faire bouger les festivaliers lausannois. Habitués des scènes romandes, ils aiment pourtant aller chercher un nouveau public. Ils s’en font même un défi depuis leur création en 2008. Ils ne se reconnaissaient plus dans ce qu’il se faisait dans les clubs et ont décidé d’allier leur deux personnalités différentes mais complémentaires. Et cela donne une musique libre et sans limite.

 

Asphaltchild enfin fait son entrée. Ce jeune artiste de vingt-cinq ans a un long passé de musique classique. Il y a trois ans, il claque la porte du conservatoire et décide de se lancer dans le drum & bass, un style qui lui est apparu comme une évidence. Après avoir joué à  Balélec en 2011, il vient clore l’édition 2012 d’Artiphys ; une heure qui lui convient parfaitement selon lui, car son style est plus adapté et le public le perçoit mieux. Et on lui donne volontiers raison : ce concert fut mémorable et bien trop court pour tous les festivaliers.

 

Ce qui était à  la base une petite soirée organisée par les physiciens pour financer leur voyage d’études est devenu une grosse machine bien huilée. Une vingtaine de personnes forment le comité, près d’une centaine de bénévoles sont présents le soir même, tout cela pour un budget de 50’000 francs. Une longévité qui s’explique par une grande entente entre les différents acteurs du festival. Le comité se renouvelle rapidement d’années en années, les bénévoles deviennent membres et les anciens sont conviés aux nouvelles éditions. Et tout le monde espère qu’il y en aura encore beaucoup d’autres.