Culture | 13.02.2012

TR4NS : retour sur images

Texte de Ariane Testori
Ou comment toucher du doigt cette discipline méconnue qu'est la performance artistique.
Zofia Klyta-Lacombe dans "Coordonnées de mythes" (photo : www.grutli.ch)

Et voilà , la quatrième édition du festival TRANS est derrière nous. Comme à  leur habitude, Michèle Pralong et Maya Bösch nous ont  proposé des artistes tous plus impressionnants les uns que les autres, tant par leur présence que par leurs performances.

 

Le festival promettait plus d’une vingtaine de propositions entre théâtre, performance lecture et musique. Il était possible de « tout voir » puisque tous les artistes se produisaient à  la suite pendant ces quatre jours. Nous avons pu découvrir la nouvelle scène émergente de la performance avec Zofia KL et Auréline R, puis assister aux propositions de performeurs accomplis tels qu’Ivo Dimchev, artiste bulgare, et Yann Marussich, performeur genevois.

 

Auréline Roy, ancienne danseuse classique, nous offrait dans « Le temps pointé » une performance remarquable au Zabriskie Point à  Plainpalais. Perchée sur ses pointes de ballerine pendant deux heures, elle a poussé les passants à  braver le froid pour admirer sa force mentale qui lui a permis de ne pas bouger et de dépasser la douleur physique en considérant son corps comme un objet. Bien plus tard dans la soirée, on a pu voir la performance « Coordonnées de mythes » de Zofia Klyta-Lacombe, sur scène avec Théo Keiflin à  la White Box. Un bout de femme forte et sûre d’elle-même qui nous a embarqués, au son de sa voix, loin dans notre imaginaire. Elle se tenait là , au milieu du public, passait entre chacun d’entre nous et faisait naître des images, des sensations, qui s’évanouissaient aussitôt tout en douceur.

 

Le lendemain, Ivo Dimchev nous a proposé « Paris ». Sur scène, Christian Bakalov a repoussé les limites de son corps, il a occupé l’espace comme personne. Impressionnant dans la maîtrise de ses gestes il a brisé nos tabous. En clôture du festival, Yann Marussich, accompagné de la musique de Franz Treichler, s’est défait de ses habits dans des mouvements lents et précis puis de la masse de verre brisé qui emprisonnait sa tête. « Glassed » nous a plongés dans une ambiance hypnotique en jouant sur les lumières et la musique.

 

Ces quatre représentations nous offraient au sein même de l’art performatif, un échantillon prometteur, comme une sorte de mise en abîme du festival qui se veut pluridisciplinaire, justement.