17.02.2012

L’espace et le temps

Texte de Joëlle Misson | Photos de © Joëlle Misson
Mercredi après-midi, le Colloque a accueilli une conférence sur les «temps et espaces de vie» en compagnie de Mmes Valérie Hugentobler, sociologue, et Evelyne Reeves, responsable du Bureau des temps de Rennes. Un séminaire riche en réflexion.
Valérie Hugentobler nous parle de sa spécialité: les liens inter-générationnels.
Photo: © Joëlle Misson

Mutations socio-démographiques, liens entre les âges dans une optique respectueuse du «vivre ensemble», génération socio-historique, référentiel générationnel… Pas facile de s’y retrouver dans ce jargon quand on n’est pas initié. Plutôt que de tenter en vain de tout résumer et de vous gonfler la tête comme un ballon, tâchons d’en retirer quelques aspects intéressants. Valérie Hugentobler commence sa présentation ainsi: l’humain – et son destin – s’inscrit dans le temps et l’espace; c’est l’idée de génération socio-historique, dont deux dimensions sont fondamentales. La première est celle de l’inscription de l’individu dans une continuité; que ce soit par héritage, ensuite retransmis ou rompu, l’être humain perpétue et se perpétue. En second lieu, notre destin se définit par un positionnement dans le temps et l’espace en cela que nous sommes socialisés dans une certaine culture, avec certaines morales et valeurs, qui sont différentes pour plusieurs groupes «générationnels».

 

Une génération n’est alors plus définie par une catégorie d’âges, mais par des catégories sociales qui ont un même référentiel. Ce qui explique le pourquoi des éventuels conflits pouvant survenir entre ces différentes classes. Une distinction doit cependant être faite entre ces catégories et les liens familiaux, entre l’espace public et l’espace privé, qui sont d’un autre registre. Dans ce dernier, les études prouvent bien que les relations ne souffrent en aucun cas de «conflit générationnels». Mais dans le cadre public, l’individualisation et l’affaiblissement des liens communautaires dû – notamment – au marché du travail provoquent une séparation. Autre cause de cette fissure; la fractionnement des espaces. On assimile certains lieux aux «vieux» et d’autres aux «jeunes», ou alors on conçoit des espaces seulement momentanément définis comme lieux de rencontre intergénérationnels, renforçant ainsi cette fragmentation des âges.

 

Alors, dans nos relations quotidiennes, il ne s’agit pas de sortir en boîte avec sa grand-mère, mais de favoriser la reconnaissance mutuelle des différentes générations dans l’espace public, procéder à  une valorisation sociale des individus pour améliorer les relations inter-âges.