Culture | 23.01.2012

Lausanne brûle à  nouveau

Le Lôzane's Burning est de retour. La soirée des groupes révélation se reforme «pour le pognon».
Abraham (photos: www.leromandie.ch) Une fois de plus, Mix&Remix a été chargé de dessiner l'affiche

Le pied sur l’amplificateur, le poing tendu vers l’infini, une cape à  deux balles ondulant sur ses épaules, le chanteur de June Deville entonne We are the champions face à  une foule bigarrée. À la fois ridicule et décalée mais pleine d’enthousiasme, cette image résume la soirée du 14 janvier à  la grande salle de Vennes.

 

Punks à  crêtes, métaleux chevelus, indies et compagnie se sont réunis lors de la renaissance du Lôzane’s Burning pour acclamer un programme aussi varié que son propre public. Sur la liste, du stoner, du hardcore, du death, du post-punk, et surtout, du rock. Le talent assuré par des groupes comme The Awkwards, Abraham ou Ass of Spades, la soirée n’a pas non plus manqué d’humour grâce, entre autres, aux commentaires provocateurs d’un présentateur qui personnifiait l’antithèse du rock. Dommage que les douze petites minutes attribuées à  chaque groupe, ainsi que les huit minutes d’intervalle, n’aident pas à  créer l’ambiance.

 

«Les groupes se reforment pour le pognon». Avec un tel thème pour cette édition, les reprises ont visé des groupes comme Happy Mondays, Led Zeppellin, Pink Floyd, The Smashin Pumkins et même Queen. Une fois de plus, le sujet principal n’a pas été laissé au hasard: après deux années d’hibernation, les organisateurs du Lôzane’s Burning ont décidé de dépoussiérer cette tradition de la nuit lausannoise. Pour le pognon?

 

Dès sa création, cette soirée est liée à  l’association …e la nave va. Depuis la fermeture de La Dolce Vita, en 1999, cette entité a mené une lutte pour obtenir une salle de concerts de rock permanente à  Lausanne. Accélérée grâce à  l’apparition non-autorisée de trois Elvis et de quelques cagoulés à  la salle du conseil communal, la bataille se conclut neuf années après son début, avec l’ouverture du Romandie sous les arches du Grand Pont, à  la Place de l’Europe.

 

En chemin, le club de rock a vécu un moment à  la Place de la Riponne, dans l’ancien cinéma Le Romandie (d’où son nom), avec son activité limitée à  dix concerts l’an, puis illimitée. Il a aussi vu d’un bon Š«il le maintien de l’impôt sur le divertissement, lors de la votation en 2010, et a proposé la vente symbolique de briques pour financer les 350’000 francs de déménagement vers son site actuel.

 

Une fois bien établi Le Romandie, les membres de …e la nave va ont décidé de mettre fin à  cette soirée qui leur insufflait pourtant un peu de cash et qui servait de tremplin aux groupes locaux. Qu’est-ce qui les a donc motivés à  la faire renaître? Selon ses organisateurs, c’est le manque d’une plateforme pour les nouveaux groupes et la garantie de qualité de la programmation du club.

 

Aujourd’hui, le club inclut dans son programme hebdomadaire des séances electro, pop et hip-hop, mais sans renoncer à  ses racines rockeuses. À environ dix ou quinze balles (ou comme dirait Camion, balls) la soirée, Le Romandie doit faire face à  une concurrence dans le mainstream avec les Docks, et à  une structure interne basée sur le bénévolat. Des fois les groupes se reforment pour leur survie.