Culture | 05.12.2011

Sinsémilia aux docks: 20 ans, ça s’régale!

« On vous souhaite tout le bonheur du monde, pour aujourd'hui comme pour demain... » : Ce fut, le temps d'une soirée aux Docks, le pari du groupe Sinsémilia pour fêter leurs vingt ans : donner et évidemment avoir du plaisir. Et contenter tout le monde n'est pas chose facile.
Sinsé fête ses 20 ans (image: dusk.fr)

Première chose frappante en arrivant : le public. Un mélange de hippies, métalleux (oui oui, ceux qui écoutent du métal) et messieurs en costards-cravates. Etrange. Et au milieu de ce public d’une moyenne d’âge de 30 ans, je me sens toute petite. Pourtant, il n’y a pas tant de monde que ça. Galerie du haut fermée, il faut remplir la salle ! Avec le peu de monde qu’il y a, disperser le public sur deux étages serait une grave erreur.

 

Assez parlé de la foule pour le moins bizarre, passons au vif du sujet, le concert. Des chanteurs et musiciens qui donnent l’impression d’être sous cocaïne au vu de leur excitation, leurs concours de sauts en hauteur, et leurs danses presque chamaniques. Du point de vue scénique, un sans-faute. Les dix personnes sur scène ont l’air de s’amuser tout autant que le public, et c’est ce qui compte. Mais musicalement, c’est mitigé.

 

En effet, malgré l’hystérie et l’euphorie du public, il y a quelques bémols. Chansons interrompues par des danses, des sauts, et le plus souvent même pas terminées… Alors assurer le show, c’est bien. Mais chanter en même temps et faire entendre les chansons jusqu’à  la fin, c’est mieux. Et le volume est aussi un problème. Musique vraiment trop forte à  certains moments, il m’est presque impossible de comprendre ce que dit le groupe.

 

Mis à  part ces quelques fausses notes, quelques magnifiques moments sont à  noter. La chanson « Tout le bonheur du monde », leur plus grand succès, est reprise par tout le public, très enthousiaste. Au moment de chanter « La mauvaise réputation », une reprise de Georges Brassens, Riké, l’un des chanteurs, est épuisé à  cause de ses danses. C’est donc des fans enchantés qui se mettent à  chanter, suivis de Riké, finalement rétabli. Coup de maître en matière de mise en scène : Sinsé (le groupe) a su montrer avec cette reprise de quoi il était capable. De la joie et de l’ambiance, nous n’en attendions pas moins.

 

Une valse, quoi de mieux pour ne pas faire comme les autres ? Et c’est ainsi que le bassiste Natty se retrouve à  danser avec la saxophoniste, Carine, et invitent le public à  les suivre. Habile manŠ«uvre qui nous permet de compter combien de couples sont présents. Mais la valse n’est de toute évidence pas notre fort, alors que Sinsémilia y excelle. Autre moment fort : quand le groupe entonne « Je préfère cent fois », chanson très engagée. Sinsé a l’habitude de chanter celle-ci assis, et n’y déroge pas. Toute l’assistance se retrouve par terre.

 

Comme le chante si bien le groupe, « Les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux ». Et c’est sûrement pour cela que le saxophoniste du groupe s’est mis à  fumer, imitant Riké qui s’est fait allumer une cigarette par un fan peu avant, pendant « Je préfère cent fois ». Mais ce n’était pas une cigarette. Pure provoc’, étant donné qu’il est marqué partout aux Docks qu’il est interdit de fumer quoi que ce soit, et c’est bien dommage. Heureusement que nous n’étions pas sous vidéosurveillance. Mais ce geste en a inspiré plus d’un dans la foule, et c’est une salle parfumée à  la marijuana que nous quittons à  la fin de ces deux heures de concert.

 

Une histoire sans fin, c’est ce que Sinsé représente. Au bout de vingt ans, ils sont toujours en forme, et pour longtemps encore.