Culture | 01.11.2011

Les mêmes et on recommence

Texte de Lionel Taboada
Le dernier album de Coldplay "Mylo Xyloto" est sorti le 21 octobre en Suisse. Critique.
Le groupe Coldplay (photo:chartsinfrance.net) Couverture de l'album "Mylo Xyloto".

On prend les mêmes et on recommence

Avec plus de 6 millions d’albums vendus de leur précédent opus « viva la vida or death and all his friends » (le disque le plus vendu de l’année 2008), Coldplay est évidemment attendu au tournant. Alors pourquoi changer une équipe qui gagne ? Reste à  savoir s’il s’agit effectivement de la volonté du groupe ou « d’une recommandation » de la maison de disques. On peut en toute logique s’interroger sur ce fait, ainsi que sur leur collaboration avec Rihanna, quand on sait que cet album met un terme au contrat qui les lie à  EMI Parlophone. Quoi qu’il en soit, on reprend la même formule et on l’améliore : Brian Eno à  la production (paraît-il moins présent en studio que sur le précédent album), les mélodies imparables chantées par un Chris Martin en pleine forme, des refrains taillés à  la perfection et un subtil mélange entre grosse envolée instrumentale et balade intimiste. Est-ce que la formule sera toujours aussi efficace (rentable) ? L’avenir nous le dira, mais ça semble bien parti.

 

L’écho des stades

Avant même la sortie de l’album, 2 titres tournaient déjà  en boucle sur les radios et TV, histoire de préparer nos oreilles sans doute. C’est le bref instrumental «Mylo Xyloto» qui ouvre le bal. La guitare en arrière-fond gonflée à  la reverb et au delay nous emmène doucement vers la 1ère chanson « Hurts like heaven », où la voix de Chris Martin prend le relai. C’est joyeux et ça respire la bonne humeur. Mais le disque prend véritablement son envol avec «Paradise», où l’on reconnaît immédiatement le style Coldplay – la machine est lancée. Hormis les plus calmes et intimistes «Us against the world» et «U.F.O», ça sent le stade et ça respire le tube. Les refrains sont héroïques, la reverb et l’écho sont utilisés à  souhait, l’orchestration rajoute encore un côté stade à  l’ensemble, et par certains moments on entend presque déjà  le public chanter. Le touchant « Up in flames » ne viendra sûrement pas démentir ce sentiment général. Quant à  la collaboration avec Rihanna sur « Princess of China », on sent malheureusement un peu trop le coup marketing, et ce n’est de loin pas la meilleure chanson. Reste à  espérer que ceux qui écouteront Coldplay pour la 1ère fois grâce à  cette collaboration ne passeront pas à  côté des autres titres, qui valent largement plus le détour. Au final, c’est un album cohérent et décomplexé que nous délivre le quatuor britannique. A écouter en stade.

 

Toujours la même chanson, mais quelle mélodie !

C’est sûr le groupe ne se réinvente pas, mais il évolue. Certes, l’évolution est moins flagrante sur cet album, mais ce serait réducteur de juger Coldplay uniquement sur ce dernier disque. Même si l’on peut regretter la fraicheur et le son brut d’un «Parachutes», on sent pourtant la passion et l’émotion de musiciens qui n’ont rien à  prouver et qui se font plaisir. N’oublions pas de souligner la constance et la qualité de la discographie des britanniques depuis 1999. La force de Coldplay depuis ses débuts, ce sont leurs chansons aux mélodies implacables. D’apparence simple et facile, on sent pourtant le travail d’arrangement et de recherche effectué en amont. Si tous les groupes finissent par se séparer (sauf les Rolling Stones) et que les chansons constituent leur testament, gageons que Coldplay nous laissera, à  n’en pas douter, un héritage mélodique essentiel. Finalement n’est-ce pas là  le plus important ?