Culture | 28.11.2011

Lenny, Hendrix & the black America

Texte de Samanta Palacios | Photos de slashgamer.com
«Yeah! Yeah! Yeaaaah!". Bardé de cuir, les yeux cachés derrière des lunettes noires, des cordes électriques accrochées à  son cou, des tatouages et des piercings marquant sa peau, exit les dreads, Lenny Kravitz a envahi jeudi soir l'Arena de Genève avec une anthologie de ses hits mythiques.
Image: slashgamer.com
Photo: slashgamer.com

Dans la setlist: 17 chansons, dont seulement quatre du dernier album. « En voilà  un autre qui vit de succès accumulés tout au long de sa carrière » pense-t-on à  premier abord. Mais juste le temps de finir Come on get it, un tube plus digne d’un jeu vidéo NBA que d’un concert grand public, et cette pensée nous quitte déjà , alors qu’il enchaîne avec ce qui résulta de sa première collaboration avec le grand Slash: Always on the run. On réalise alors que c’est exactement cela qu’on attend de Kravitz: rappelle-nous American Woman, réveille-nous avec Stand, émeut-nous avec Believe, entonne notre hymne Fly away, offre-nous encore la sensualité de I belong to you. Vive les succès du New-Yorkais!

Mais pour préparer la salle à  cet orgasme de la vue et de l’ouïe, rien de mieux que Raphael Saadiq et ses six magnifiques. Un plongeon au cŠ«ur du R&B old school afro-américain avec des musiciens et choristes plus que talentueux qui ont bien évidemment terminé avec Let the sunshine in.

C’est donc parti pour deux heures de rock aux touches soul, funk, pop et psychédéliques, ainsi que des cadeaux sous forme de riffs. On se croirait à  la fin des années 60, transportés par ses sons, ses lettres et son esthétique dans le style de Jimmy Hendrix. Et pour achever le tableau, un écran triangulaire géant au fond de la scène, qui tantôt montre un Lenny de 6 mètres de haut, tantôt des images ou des photos personnelles, lors de la mise en scène de Black & White America. Cette dernière est une ode contre le racisme aux États Unis à  travers sa propre histoire.

Voici le message soutenu par son dernier travail, qui porte le même titre que la chanson. Lenny tente pour une fois (ou pour toujours?) de se détacher de son image de gourou du sexe pour s’engager dans un sujet qui ne lui est pas du tout étranger: lui-même est le fils d’un couple interracial du milieu des 60’s. Essai manqué, au vu du nombre de soutiens-gorge lancés sur scène, tels de nombreuses déclarations d’amour jetées en l’air. La réponse du destinataire ne s’est pas faite attendre, de plus en français: « Beaucoup de lingerie, merci ».

Le rocker a fait ainsi vibrer l’Arena, jeudi soir dernier, avec sa musique, son équipe et son charisme. La touche finale, 6500 regards braqués sur un homme d’un peu plus d’un mètre septante et de presque 50 printemps, au bon milieu de la salle, lors d’un tour d’honneur qui est presque habituel pour la star. Que l’on soit une groupie adolescente ou un fidèle dans sa cinquantaine, on a tous chanté Let Love Rule et senti cette vérité époustouflante: « Rock is (not) dead ».