Culture | 30.11.2011

Filmar en América Latina

Texte de Leti Torri | Photos de filmar.ch
Retour sur la 13ème édition du festival Filmar en América Latina, organisée à  Genève du 21 octobre au 22 novembre dernier. Découvrez ou redécouvrez la programmation au travers de quatre films sélectionnés afin de montrer la diversité de cette région du monde et les problématiques qui y sont liées.
"Perro muerto" de Camilo Becerra"Carancho" de Pablo Trapero (photos : filmar.ch)
Photo: filmar.ch

Perro muerto (de Camilo Becerra, Chili, 2010)

Ce film chilien dont l’intitulé signifie « Chien mort » met en scène le quotidien d’Alejandra, jeune mère qui doit, avec le peu qu’elle a, survivre. L’on découvrir au fil de ce long métrage les clivages sociaux importants à  travers les différences entre les quartiers, avec une sorte de mur représenté ici par une zone industrielle qui les sépare les uns des autres.

L’intrigue :

Alejandra est une jeune femme comme les autres qui aime se retrouver aves ses ami(e)s et pourtant elle est différente car elle a un enfant. Son conjoint est mort et elle doit assumer seule toutes les charges (économiques et émotionnelles) parentales. Elle entretient une relation houleuse avec le grand-père de son fils, Don Braulio, qui s’inquiète de l’éducation et de l’avenir de sa progéniture ; mais qui ne s’entend pas du tout avec sa belle-fille.

Verdict :

Une réalisation simple et sans artifices. Nous sommes loin des grands effets spéciaux des films d’actions. Cependant, la projection est lente et il manque une véritable intrigue au scénario. Le réalisateur a, semble-t-il, voulu projeter la stricte réalité ; mais le cinéma demande certainement plus que ce que la vie quotidienne a à  nous offrir. En dépit des moyens assez limités du réalisateur, la qualité des acteurs, de l’histoire et de la technique impressionnent ; il manque cependant quelque chose. Si le personnage du grand-père est très justement interprété par Daniel Antivilio, on peut regretter qu’Alejandra, la protagoniste, ne soit pas dotée d’un peu plus de caractère.

Carancho (de Pablo Trapero, Argentine, 2010)

Film argentin du célèbre producteur Pablo Trapero qui a su à  travers ce film dénoncer la corruption locale ainsi que la principale cause de mortalité en Argentine : les accidents de la route.

L’intrigue :

Ricardo Darin, acteur argentin incontournable, joue le rôle de Sosa un avocat qui collabore avec la police afin de s’emparer des sommes versées par les assurances lors des accidents de voiture. Il localise les victimes dans les hôpitaux, gagne leurs confiances puis s’assure que l’argent lui soit versé pour n’en rendre qu’une part minime voire nulle aux principales victimes. Pourtant, Sosa en a marre de ce trafic et veut tout arrêter. Pour assurer à  ses clients une part pus importante de l’assurance, il met en scène des accidents de trafic ; mais l’un causera la mort d’un ami. L’action démarre à  ce moment précis. Sosa quitte son travail, mais ses supérieurs refusent qu’il continue à  exercer dans le milieu des assurances qu’ils estiment être sous leur autorité. Bien sûr, pour amplifier l’intrigue, une histoire d’amour nait entre l’avocat et une femme médecin et vient pimenter le suspens. La jeune femme sera la cible des malfrats dans le but de maintenir Sosa le plus loin possible de leurs business. La fin, apocalyptique, laisse les téléspectateurs muets et immobiles quelques instants afin de digérer les derniers évènements du film.

Verdict :

Ce film mérite clairement d’être vu. Un chef d’Š«uvre de par son réalisateur et ses acteurs, tous fabuleux, mais aussi du fait de la problématique poignante de ce long-métrage. La corruption touchant à  la fois le milieu hospitalier, mais aussi juridique et policier, tout y passe. Cette violence est centrée sur la souffrance des proches et sur l’abus de confiance et c’est de là  qu’elle tire sa force. Tout ceci fait de l’Š«uvre un cocktail explosif qui ne peut que nous accrocher du début jusqu’à  la fin. Un film dont on est obligé d’en parler en sortant du cinéma et qui prête à  réfléchir.