Politique | 22.11.2011

Aux urnes!

Le système politique suisse n'est pas un long fleuve tranquille. Difficile à  comprendre pour les non-initiés, mais pas impossible. Dimanche prochain, les vaudois voteront. Mais sur quoi au juste?
Photo: © Georges Meyrat sur 24heures.ch

Les récentes élections pour le Conseil des Etats et le Conseil National – qui forment ensemble le Parlement – vous ont déjà  pris toute votre énergie. Que ce soit en réflexions intenses, en recherche d’informations dans le but de voter de la meilleure manière possible, ou en allumant le radiateur à  température maximale pour tenter, en vain, de brûler vos enveloppes – ok, le container à  papier c’est plus pratique – à  l’approche de Noël vous n’avez qu’une envie: qu’on vous fiche la paix.

 

Et voilà  qu’un nouveau courrier fait irruption dans votre boîte aux lettres! Et en plus, il a changé de couleur. Mais que se passe-t-il? Serait-ce une attaque? Bonne nouvelle! non, les enveloppes de vote n’ont pas décidé de jeter leur dévolu sur vous – le facteur à  la limite oui – et il est possible de comprendre de quoi il s’agit.

 

Pourquoi on vote?

La raison de cette nouvelle votation n’est pas joyeuse: la mort récente de Jean-Claude Mermoud (en septembre). Bon, ça vous fait une belle jambe vous ne savez même pas qui c’est! Ce M. Mermoud, pour faire simple, était simplement conseiller d’état vaudois et membre de l’UDC. Petit rappel: le Conseil d’Etat est l’organe cantonal – contrairement au Conseil des Etats qui est fédéral – exécutif et il est composé de 7 membres seulement. Donc, revenons à  nos moutons – ah ah – la mort de Jean-Claude Mermoud engendre la disparition d’un membre au sein du Conseil d’Etat qu’il faut bien remplacer. Voilà  le pourquoi des votations du 27 novembre: un siège est à  pourvoir.

 

Et pour qui?

Faisons donc un petit tour des candidats: Emmanuel Gétaz, Robert Gurtner, Béatrice Métraux et Pierre-Yves Rapaz. Au sein de l’Union démocratique du Centre, ce que l’on sait de M. Rapaz, c’est qu’ «il est prêt»! Cela nous est même prouvé par une mini vidéo-promo: en balade en campagne on demande «Etes-vous sûrs qu’il est prêt?» avant d’entendre répondre «Pierre-Yves? Bien sûr qu’il est prêt!». A vous de juger maintenant: Est-il prêt?. L’enjeu premier de son élection est «de savoir si le Canton passe à  gauche ou non». Et s’il est élu, il s’investira totalement pour le développement de la région. Pas très complet tout ça.

 

Chez Les Verts, c’est Béatrice Métraux qui prend les devants. Son élection est primordiale pour que le parti soit représenté dans le Canton, puisque François Marthaler (c’est qui? dans ce cas-là  on s’en fiche, on comprend le principe!) ne se présentera pas au printemps 2012. Pour Béatrice, «il faut que les membres de l’équipe gouvernementale s’entendent sur les valeurs fondamentales». Notons qu’elle est d’avis que «l’UDC n’a plus sa place au Conseil d’Etat», et que ce dernier gagnera en efficacité avec une Verte de plus et un UDC de moins. Ses projets touchent entre autres le soutien à  la construction de logements à  prix abordables, le développement des transports publics, la promotion de l’emploi des jeunes ou encore le soutien aux activités culturelles.

 

Passons maintenant à  ce «parti» dont le leader est un surnommé Ted Robert. Avenir et Sécurité invite tous les «déçus de l’UDC… et ceux du PS aussi» à  le rejoindre. Mais si vous en faites partie, Avenir et Sécurité ne vous donnera pas plus de satisfaction qu’un grand fou-rire. Robert Gurtner – de son vrai nom – veut sauver la pérennité du métro «qui est une réalisation fantastique» – pour être fan, il en est bien fan! Concernant les jeunes, il préconise la gratuité des transports publics. Intéressant? Mais ne vous voilez pas la face, Ted Robert n’a besoin de personne d’autre pour animer son propre théâtre de guignol – terme qu’il utilise pour qualifier l’Europe. Cette interview – faite durant les élections à  la Municipalité de Lausanne – saura certainement vous donner une bonne appréciation de Ted Robert: Portrait.

 

Le dernier candidat, Emmanuel Gétaz, représente Vaud Libre, une fédération des partis indépendants vaudois suivants: Montreux Libre, Riviera Libre, l’Union Pulliérane (Pully), Vevey Libre, le Parti indépendant Nyonnais et Forum Ecublens. Bon, ça fait un peu fouillis tout ça, soyons clairs. Vaud Libre se positionne au centre et se dit «politiquement dégagé». Politiquement quoi? Jerôme Christen, député de Vaud Libre au Grand Conseil vaudois – aïe encore autre chose: Le Grand Conseil se place dans le ressort du législatif cantonal – affirme «on souhaite faire ce pont entre gauche et droite pour que les gens se parlent». C’est une culture du débat que veut développer Vaud Libre, s’étant rendu compte qu’avec un minimum de dialogue, on arrive à  se mettre d’accord sur un certain nombre de points. «On l’a vu à  Montreux et à  Vevey où nous jouons ce rôle de passerelle et de rassembleur». D’avis qu’il y a un intérêt commun à  trouver des solutions qui peuvent satisfaire la gauche et la droite, il assure que «c’est le centre qui peut jouer ce rôle-là ».

 

Utile le vote?

Pas facile de faire un choix? Les sites internet des partis éclaireront certainement votre lanterne. Et même si vous n’êtes pas sûrs d’avoir tout compris, en votant vous vous serez exprimés. Dans une société où l’on prône tant la liberté d’expression, pourquoi donc ne pas en profiter? Ne jetez donc pas votre enveloppe – même si elle a des dents – trop vite aux ordures, car en tant que jeunesse ne laissons pas les personnes âgées, qui elles-mêmes ne seront peut-être plus là  dans 20 ans, décider à  notre place de l’allure de nos prochaines années.