11.10.2011

Ein Prosit, ein Prosit der Gemütlichkeit!

Texte de Myriam Blal
De Zurich à  Munich, il n'y a qu'un pas ou presque. Cette semaine, Myriam délaisse temporairement sa Suisse natale pour une chronique bavaroise haute en couleur qui fleure bon le houblon : bienvenue à  l'Oktoberfest !
Photo : © Sascha Gross

Une petite silhouette scrute d´un air perplexe l´alignement des quais…

-Ici !

Enfin, elle repère mes gesticulations désespérées ! Il est tout juste 07h15 et le jour peine à  se lever sur la Hauptbahnof de Zürich.

 

Débute alors un sprint final à  en perdre haleine en direction du quai 14 : il nous reste tout juste quelques secondes pour monter dans le train, l´une avec ses ballerines qui refusent de rester accrochées à  ses pieds et l´autre trainant derrière elle une grosse valise. Plus de temps à  perdre, nous nous jetons à  corps perdu dans le véhicule qui s´élance déjà  en direction de Munich.

En effet, l´un des avantages de vivre dans une ville aussi bien située que Zürich est aussi de pouvoir s´en échapper le temps d´un week-end. Et cette fois-ci, c´est l´Oktoberfest qui nous intéresse.

 

Après une course contre la montre du Golbrunnenplatz en passant par le Paradeplatz pour finalement, au détour d´un virage, voir apparaître au loin la fameuse Hauptbahnhof, le réveil avait été brutal. Surtout après nos deux malheureuses heures de sommeil qui succédaient à  une soirée dans un tout petit bar au nom très prometteur d´El Fuego Latino, avec son arbre planté au beau milieu de la salle ! Mais ceci est une autre histoire…

 

Le mot d´ordre des quatre heures de route à  venir était donc la récupération. Il n’en allait pas de même pour un groupe de Suisses-allemands particulièrement motivés : pantalon en cuir pour les hommes, Dirndl pour les femmes et provisions de bière déjà  entamées à  ces heures matinales. Plus tard, on eut bien sûr le droit à  quelques chants, des passages réguliers aux toilettes et le spectacle de leurs mines de plus en plus défaites au fil du trajet.

 

A l´arrivée, Munich nous accueille avec un ciel ensoleillé et une foule en habits traditionnels. Le temps de se rafraichir, d’enfiler son Dirndl (parce qu´il faut le dire, sans cela on se sent complètement hors-sujet) et en route pour la Wiesn !

Alors comment vous dire, Munich en période d´Oktoberfest a des airs de Sodome et Gomorrhe. En pleine après-midi, il n´est pas rare de voir des corps étalés un peu partout ou encore de devoir se pousser afin de laisser passer les brancards qui transportent des blessés avec un sourire niais aux lèvres. Et je ne vous parle pas des collines et autres étendues d´herbe qui entourent la manifestation : le jour aire de repos, et la nuit, aire de jeux des couples d’un soir. Charmant… Sur une place de 42 hectares, les carrousels côtoient les Biergarten dans lesquels se retrouvent les joyeux amateurs de bières. Un microcosme dans lequel se croise, venant des quatre coins de la planète, l´équivalent de toute la population berlinoise. Les différences sociales et ethniques sont gommées par un costume traditionnel et à  une même table s´entretiennent des banquiers, des punks, des mères de famille ou encore des manutentionnaires de supermarché.

 

Mais les petits trésors de l´Oktoberfest sont ses tentes aux noms imprononçables. De larges constructions accueillant des milliers de personnes, souvent avec un orchestre en leur centre et du personnel à  la force herculéenne qui se faufile entre les gens avec pas moins de huit Maß d´un litre chacun sur les bras. C´est ici que l´on perçoit toute l´âme de cette fête qui se classe, tout juste derrière le Carnaval de Rio, comme l’une des plus grandes fêtes populaires au monde. Vos voisins engagent la conversation, toutes les cinq minutes l´un d´eux lève son verre et c´est parti pour des Prost par-ci et des Prost par-là . Les Schlagers et autres Hit battent leur plein, tout le monde chante en cŠ«ur et danse sur les bancs et l´ambiance n´est comparable à  aucune autre. Entre nostalgie, tradition, convivialité et un brin de modernité, 6.9 millions de personnes ont, cette année, entrechoqué un nombre record de près de 7.5 millions de Maß ; et fêté pour la 201ème fois non seulement la nouvelle saison de brasserie, mais également le mariage du roi Louis Ier de Bavière et sa princesse Thérèse de Saxe-Hildburghausen qui a marqué la toute première fête de la bière en 1810.

Ähnliche Artikel