06.09.2011

ESN Genève

Texte de Juliette Ivanez
Créée en 1989, l'association étudiante ESN (Erasmus Student Network) est implantée à  Genève, où une antenne a été ouverte en 2007. Rencontre avec Brianne Magnat, présidente du comité 2010-2011 et représentante locale, et Sophie Plouffe, responsable des -~pubnights'.
Le comité d'ESN City-rally: devant le Mur de Réformateurs, les participants ont écrit Genève avec leurs corps. Le logo d'ESN

Pouvez-vous nous expliquer, en deux mots, ce qu’est ESN ?

Brianne : ESN est un réseau européen d’associations, qui a pour but de promouvoir la mobilité étudiante, de faciliter l’intégration des étudiants internationaux dans leur université d’accueil. C’est le concept de base. Ensuite, dans chaque ville, des sections sont en charge d’organiser des voyages, des visites, ou simplement des rencontres dans un café.

 

Votre but est donc de favoriser l’intégration des étudiants en échange universitaire. Qu’est-ce que vous proposez concrètement pour accompagner ces jeunes qui arrivent dans une toute nouvelle ville ?

Sophie : Pour commencer, nous organisons une visite de la ville, afin que les nouveaux étudiants puissent repérer les lieux les plus populaires et mieux s’orienter. Par la suite sont proposées des activités, des soirées, des -˜pubnights’ par exemple où les étudiants peuvent faire connaissance. En ce qui concerne les activités, certaines sont organisées à  Genève (par exemple la visite de la brasserie des Murailles) et d’autres au niveau national. Cette année, nous avons pu découvrir Lucerne, Neuchâtel, Berne…Et quand nous nous déplaçons, nous sommes accueillis par les comités ESN des autres villes suisses, qui nous aident pour l’organisation de ces sorties. Il y a vraiment une grande solidarité inter-sections.

 

Brianne : En ce moment par exemple, les sections suisses allemandes essaient de passer des accords avec les sections autrichiennes, pour proposer des week-ends de ski. En concluant de tels partenariats, nous pouvons étendre le champ de nos activités. Le but d’ESN est clairement de créer un réseau entre les comités des différentes villes, afin que l’expérience des uns profite à  tous et que les bonnes pratiques circulent.

 

Chaque section est-elle autonome dans son fonctionnement, ou recevez-vous des directives au niveau européen ?

Brianne : Nous sommes surtout aidés par le comité suisse ; celui-ci organise des réunions au niveau national pour que les responsables des différentes sections puissent se rencontrer et échanger. Par contre localement, nous sommes relativement libres de décider quelles activités nous voulons organiser ; à  nous également de trouver les financements. Certaines directives sont émises au niveau international mais à  titre purement informatif, simplement dans le but de nous guider.

 

 

Entre étudiants, on parle beaucoup de ces fameuses -˜pubnights’ ESN, organisées chaque semaine dans un bar différent. Quels défis ces soirées posent-elles et comment en gérez-vous l’organisation ?

Sophie : Tout dépend de l’endroit qui nous accueille. Certains gérants sont très ouverts et ravis de recevoir des étudiants, qui vont potentiellement devenir des clients réguliers au cours de leur échange. D’autres n’hésitent pas à  annuler nos réservations quelques jours avant l’évènement au profit d’un client plus important, ou lorsqu’un match de foot est programmé par exemple. Nous avons alors tendance à  nous tourner vers les bars qui nous ont déjà  accueillis et qui nous connaissent, qui ont eu une bonne expérience avec nous. L’enjeu est de proposer des prix étudiants lors de ces soirées qui se déroulent généralement le mercredi, ce qui permet aussi au bar partenaire de se remplir un soir de semaine. Pour varier les activités, on organise également souvent des soirées spéciales (pour Halloween par exemple), des clubnights, des soirées karaoké…

 

Sophie, tu es toi aussi une étudiante en échange. Que penses-tu de la vie nocturne à  Genève ?

Sophie : J’ai le sentiment que les gens sont peu enclins à  recevoir des foules d’étudiants. Pour moi ça a été vraiment un choc car au Québec, là  d’où je viens, les bars cherchent au contraire à  séduire les jeunes car ce sont eux qui remplissent les salles et mettent une certaine ambiance. Ici, il est difficile de trouver des interlocuteurs quand on est une association d’étudiants. J’ai été également assommée par les prix : l’alcool, l’entrée aux soirées sont excessivement chers et souvent pas accessibles aux jeunes. D’où l’intérêt des -˜pubnights -˜ESN, qui en proposant des prix modiques permettent aux étudiants de sortir et de s’amuser avec un petit budget.

Brianne : C’est en partie cela qui m’a motivée à  rentrer dans le comité ESN. Les Genevois sont déjà  tellement mécontents de la vie nocturne ici, alors imaginez le point de vue des étudiants qui viennent d’ailleurs ! Si personne ne leur montrait qu’à  Genève aussi on peut sortir et s’amuser, ils n’y croiraient pas ! Je pense qu’on peut passer un excellent semestre d’échange ici, à  condition de connaitre les bons endroits.

 

Avez-vous une estimation du nombre de nationalités qui se côtoient chez ESN ?

Brianne : L’année passée, rien qu’au sein du comité d’organisation, nous avions 22 nationalités. Et en comptant les étudiants, nous représentons facilement une trentaine de pays différents ! Et les gens ne sont pas tous des Erasmus européens, loin de là  ; beaucoup arrivent des Etats-Unis, d’Australie, ou encore d’Asie.

Sophie : C’est là  une caractéristique géniale propre à  Genève : les jeunes viennent de partout !

 

Brianne, tu fais partie du comité ESN Genève depuis 4 ans maintenant. As-tu du recul sur le chemin parcouru et quels sont vos projets pour l’avenir ?

Brianne : En 2007, la section genevoise est née de la volonté de la première présidente, qui a tout démarré seule. Par la suite nous avons travaillé ensemble à  nous faire reconnaitre par le rectorat ; ceci afin que nous ayons une existence juridique et un minimum de droits, comme celui de simplement réserver une salle. Maintenant nous recevons aussi des fonds de l’Université, qui nous permettent de subventionner nos activités et de les proposer à  un prix réduit aux étudiants Erasmus. Mais nous faisons actuellement face à  un problème de ressources humaines : nous avons besoin de gens motivés et prêts à  s’engager pour faire fonctionner le comité.

Sophie : Nos grands défis pour l’année qui vient sont aussi d’une part, de développer des partenariats et de trouver des sponsors, afin de diversifier nos ressources. D’autre part, notre challenge technologique est de reconstruire notre site web pour qu’il soit tenu à  jour et que les nouveaux arrivants puissent communiquer avec nous.

Brianne : Et le chemin parcouru se mesure au fait que maintenant, nous sommes reconnus et écoutés par le rectorat. Nous sommes consultés pour tout ce qui a trait aux étudiants Erasmus. Et c’est à  nous que s’adressent les étudiants qui ont un problème ; car on est proches d’eux, on connait leurs préoccupations, on sait de quoi ils ont besoin et quelles solutions il faut leur apporter.

 

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