Culture | 16.08.2011

Interview

Assis dans l'herbe loin du bruit des concerts, trois membres du groupe Connection, Yannick Berthoud, Adrien Hoffet et Nathan Bonjour, répondent à  mes questions farfelues.
Le groupe Connection sur scène.
Photo: © Camille Spühler Yannick Berthoud, chanteur. © Annie Chemla

Comment vous voyez-vous vieux? Vieux grincheux ou plutôt sympa?

Les trois: Rockstars!

Yannick: En fait, c’est le but, notre rêve.

Nathan: On sera plutôt sympas, je pense.

Yannick: On est déjà  sympas!

 

Vous êtes tous vaudois, est-ce que c’est compliqué de se faire reconnaître, par rapport aux Etats-Unis, par exemple, où chaque jour des starlettes et de jeunes chanteurs sont mondialement connus?

Adrien: Oui, c’est super compliqué.

Yannick: Oui et en plus la Suisse met beaucoup moins les artistes en avant. Il n’y a qu’à  voir le nombre d’artistes suisses au Paléo.

Nathan: C’est la merde en fait.

 

Qu’est-ce qui est vraiment dérangeant pour vous artistes chez ces starlettes américaines éphémères?

Yannick: Ca détruit l’industrie de la musique. On a plutôt une vision artistique de la musique et jouer ce qu’on nous demande, c’est comme de la prostitution.

Nathan: La musique devient de la consommation de masse.

Yannick: Je préfère ne pas être connu et faire ce que j’aime plutôt que d’être connu et de devoir jouer sur demande.

Nathan et Adrien: C’est beau ce que tu dis (rires), mais c’est vrai.

 

Quel est votre plus grand rêve, soit en tant qu’artiste soit en tant que jeunes adultes encore un peu adolescents dans l’âme?

Les trois: Vivre de notre musique.

 

Dans quel festival voudriez-vous absolument vous produire?

Yannick et Adrien: Montreux, ça serait vraiment bien d’aller au Montreux.

Nathan: Et le Jazz Café aussi.

 

Votre groupe existe depuis 5 ans, quel a été votre plus beau souvenir dans le groupe, que ce soit en concert ou en répétition?

Nathan et Yannick: La tournée en Norvège.

Adrien: En studio aussi, ça fait pro.

Yannick: Et je pense que la semaine prochaine va être bien aussi, au Gampel.

 

Qu’est-ce qui vous a amené chacun à  jouer de l’instrument que vous faites maintenant?

Nathan: J’ai rencontré d’abord Yannick qui jouait un peu de guitare et la création du groupe a amené l’envie de continuer à  faire de la musique.

Yannick: Au début, j’avais envie d’essayer, parce que la guitare «c’est cool» et j’ai bien aimé. Ensuite, l’arrivée dans le groupe a donné envie de continuer, comme pour le bassiste.

Adrien: Moi j’ai commencé à  l’école.

 

Qu’est-ce que vous ne voudriez jamais devenir en tant qu’artiste, comme par exemple certains musiciens qui se comportent en diva et sont insupportables?

Adrien: J’ai bien envie d’être insupportable!

Yannick: Ce n’est pas parce qu’on fait de la super musique que l’on a le droit d’être con. Oasis était un groupe que j’adore, mais le chanteur est vraiment détestable. On se doit de respecter le public et ceux qui travaillent pour nous. Par exemple, ça fait déjà  un an que les gens travaillent à  préparer Grill the Hill, et on ne va pas arriver sur scène et dire «vous êtes tous des cons».

 

Si la musique ne vous permet pas de gagner votre vie, avez-vous une autre alternative?

Nathan: Se suicider?!

Yannick: C’est un peu radical, non?

Adrien: Un peu, oui. Il y a d’autres solutions.

Yannick: Même si la musique ne fonctionne pas pour nous, la passion sera toujours là . Mais je ferai un petit boulot pas trop embêtant tout en continuant à  faire de la musique à  côté. Ou bien on fera technicien pour un groupe qui marche.

Adrien et Nathan: On sera plus sur le devant de la scène mais derrière.