Culture | 16.07.2011

Sing ShutUp!

Jeudi soir au Montreux Jazz, trois jeunes garçons se produisaient. Venus de Suisse, d'Haïti ou de Russie, ils ont offert au public un moment complètement rock et déjanté qui n'a pas manqué de retenir notre attention. Nous les avons rencontrés.
Photos: Annie Chemla

Trois ans après la formation du groupe vous êtes déjà  à  Montreux, comment expliquez-vous ce succès ?

C’est simplement beaucoup d’heures de travail et de répétitions, on cherche des compositions intéressantes. Etre ici à  Montreux, c’est très prestigieux, nous avons été les premiers surpris. C’est un formidable tremplin ce festival, les conditions sont très agréables. Ce n’est pas forcément « notre » public mais cela nous permet de toucher beaucoup de monde.

 

On vous présente parfois comme de gros buveurs qui aiment faire la fête, cela ne vous dérange pas qu’on vous colle cette étiquette ? C’est ce genre de public que vous recherchez ?

Ces descriptions de nous sont assez anciennes, ce sont celles qui nous ont « jetés » dans la musique. Il faut évidemment prendre cela au second degré. Mais je crois que nous ne recherchons pas un public. Si les gens prennent du plaisir à  venir à  nos concerts ou si une adolescente arrête d’écouter Katy Perry pour nous, c’est un pari gagné.

 

La formation de votre groupe passe par de nombreuses collaborations, vous vous êtes souvent séparés puis reformés, comment cela se fait-il ?

Pour nous ce n’est pas négatif, les gens changent, les goûts musicaux aussi. Nous serions incapable de vous dire où nous serons dans cinq ans : est-ce qu’on aura abandonné la guitare, l’aura remplacée par un synthé ou un DJ ? Impossible de le dire.

 

Le fait de venir d’univers différents, est-ce une force ou une barrière ?

Nous avons une certaine manière de procéder. Jackson et Marc écrivent, Moos interprète. Dans tous les cas nous essayons de rester efficace. Même si parfois Moos n’est pas d’accord, nous avons la même conception de la musique, nous prenons la même direction, donc ça avance.

 

Puisque vous venez d’univers tellement différents, pourquoi ne pas vous démarquer encore plus et chanter dans une autre langue que l’anglais ?

Les sonorités ne sont pas pareilles en anglais que dans les autres langues. L’expressivité et la musicalité de l’anglais se prêtent au rock. Mais nous sommes dans un milieu fertile du rock, loin d’être des poètes, pour nous les paroles viennent après la musique, les notes. La voix n’est qu’un instrument parmi d’autres. On désire que les gens s’identifient à  notre musique, pas à  nous ou à  nos paroles.

 

Et enfin, pourquoi ce nom hors du commun : ShutUpAntoine ?

C’est tout simple, Jackson jouait avec des amis à  l’université, juste pour s’amuser. Le guitariste s’appelait Antoine, c’était quelqu’un de très enfantin, presque puéril qui mettait son ampli à  fond et jouait n’importe quoi. Au bout de trois semaines, ce que Jackson avait le plus souvent répété c’était « Shut up, Antoine ! » Le nom est resté, et forcément Antoine était très excité.