Culture | 04.07.2011

Montreux Jazz Festival : que la fête commence!

Texte de Juliette Ivanez
Vendredi 1er juillet a été donné le coup d'envoi de la 45ème édition du Montreux Jazz Festival. Fort d'une affiche comme toujours résolument prestigieuse, l'Auditorium Stravinski accueillait samedi soir, l'infatigable Carlos Santana et son groupe.
Santana Tedeschi and Trucks Band. Photos: montreuxjazz.com

L’après-midi touche à  peine à  sa fin, mais le bord du lac fourmille déjà  de centaines de festivaliers venus goûter à  l’ambiance bucolique et bon enfant qui, depuis vendredi, flotte sur Montreux. Dans un cadre exceptionnel, entre promenade au bord de l’eau et marché aux puces, l’occasion est toute rêvée pour venir passer un moment de détente en famille ou entre amis, et profiter des nombreux concerts gratuits proposés. Par ses artistes de rue, sa cuisine du monde et ses petites scènes disséminées sur tout le terrain de la manifestation, le festival se veut populaire, coloré et éclectique ; mais il assume aussi pleinement son côté chic. De bar à  vin en bar lounge, en passant par les clubs select et sans oublier de visiter la terrasse du Caviar House surplombant le lac, le MJF pour les intimes ne manquera pas de ravir pleinement les amateurs de raffinement glamour.

 

45 ans de musique au bord du lac

C’est en 1967 que Claude Nobs, cuisinier de formation et passionné de musique, organise la première édition du Montreux Jazz Festival avec un budget de 10’000CHF. La manifestation ne dure alors que 3 jours ; mais le succès est immédiat et, d’année en année et d’artiste en artiste, le petit festival ne cesse de prendre de l’ampleur jusqu’à  atteindre une renommée internationale qui lui permet de s’offrir les plus grands. Petite anecdote mais non des moindres : la chanson « Smoke on the Water », célèbre tube du groupe Deep Purple, a été composée suite à  l’incendie qui a ravagé entièrement le casino de Montreux lors d’un concert de Frank Zappa en 1971. Le titre évoque l’image psychédélique de la fumée d’incendie glissant sur le lac, et dans le second couplet le groupe rebaptise le fondateur du festival d’un surnom qui le poursuit encore : Funky Claude !

 

La force tranquille d’un monstre du rock

Après l’ouverture du festival confiée vendredi à  John McLaughlin et Carlos Santana, les visiteurs se pressent samedi soir à  l’intérieur du très cosy Montreux Music and Convention Centre pour applaudir…Carlos Santana ! Infatigable, on vous dit. Brillamment précédé par le Tedeschi and Trucks Band, duo blues rock à  la scène comme à  la ville, le guitariste d’origine mexicaine maitrise son sujet, en vieil habitué des lieux. 41 ans après son premier passage à  Montreux, et même s’il semble qu’il n’ait plus rien à  prouver à  personne, Santana impressionne par sa pêche, sa générosité et son humanité. Et si le spectateur moyen a du débourser 90CHF pour être présent ce soir, à  l’Auditorium Stravinski, sans nul doute qu’il en a pour son argent : de tube en tube, le dinosaure du rock survole quarante années de carrière agrémentées, pour le plaisir des spectateurs, de quelques reprises (dont « Smoke on the Water », décidément incontournable hymne montreusien). Porté par des musiciens tous aussi talentueux les uns que les autres, le groupe n’en finit plus d’enchainer les riffs de guitare et les percu endiablées. Au risque de laisser sur le bord de la route un public somme toute dépassé : il semble en effet que pour un auditoire sobre, et la quarantaine en moyenne largement entamée, 3 heures de show c’est trop ! Minuit passé, l’enthousiasme fait défaut. Mais le plaisir reste communicatif et, sur fond de messages d’amour et de paix, l’on reste convaincu que ce n’est pas par hasard si Santana est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands guitaristes contemporains. Et à  63 ans, il n’est certainement pas près de dire au revoir à  Montreux !