Culture | 19.07.2011

72’000 visiteurs pour le 28ème Gurten Festival

Texte de Juliette Ivanez | Photos de Eva Hirschi
Après déjà  deux jours passés sur place, on se sent comme à  la maison. Après les prestations dynamitées de Kasabian et Underworld vendredi soir, et quelques heures de repos bien méritées, il est temps de retrouver samedi la colline pour un impressionnant marathon de concerts. Que la fête continue !
Photo: Eva Hirschi

Samedi, la fête culmine

Au grand soulagement de tous, Jamiroquai a confirmé sa venue (jusqu’alors compromise par des soucis de santé). C’est donc sereinement et le sourire aux lèvres que les festivaliers abordent ce troisième jour de musique. Tout comme la veille, le Gurten est sold out ; c’est sans dire qu’il devient ardu de circuler sur le terrain du festival. Mais avec un peu de patience l’on trouve toujours un coin de pelouse où planter son parasol pour profiter en toute quiétude de cet après-midi exceptionnellement ensoleillé. Dès 16h le pianiste déjanté Jamie Cullum prend possession de la grande scène, pour présenter ses titres tantôt pêchus tantôt langoureusement mélancoliques. Le public adhère franchement ; et sous une chaleur non pas écrasante mais juste agréable, l’ambiance est au beau fixe. En début de soirée, c’est au tour des anglais de Kaiser Chiefs de se produire devant la masse qui se trémousse devant la scène principale. La tâche est un peu laborieuse pour le chanteur visiblement très éméché ! Heureusement, direction la scène secondaire pour assister au show très coloré de Christophe Maé, petit frenchy qui a reçu de la part du public suisse un accueil tout bonnement exceptionnel. Le soleil se couche sur le Gurten, et entre Jamiroquai, les Ting Tings et Pendulum, la nuit promet d’être longue. Et pour les plus acharnés, une fois les concerts terminés, direction le Bacardi Dome ou le M Lounge pour danser jusqu’à  l’aube ! Sur la colline, la fête n’a pas de fin.

 

Atterrissage sans grandes vagues

Dimanche, c’est sous la grisaille et la pluie que le festival ouvre ses portes pour un dernier jour de fête. La fatigue commence à  se faire sentir et la météo n’aidant pas, c’est devant un public clairsemé et surtout très emmitouflé que se produit le groupe The National. Mais surprise, le chanteur vient se mêler quelques instants à  la foule, et sa sympathie et sa voix chaude réconfortent les cŠ«urs traumatisés par une bise cruellement glaciale. Sous la scène de la tente, Aloe Blacc impose sa soul, en ce qu’il se décrit comme digne héritier de James Brown. Assertion plutôt ambitieuse, mais l’Américain a au moins le mérite de faire swinguer le public qui tout juste se réveille alors que le soleil revient gentiment. 19h30, à  l’heure des Arctic Monkeys, il fait beau ! Le festival leur avait fait l’honneur de leur offrir la tête d’affiche ; grossière erreur. Rivalisant de suffisance, les jeunes rockers anglais enchainent les titres sans chaleur et le public pourtant fort nombreux reste de marbre. Visiblement démotivés par de gros problèmes techniques, qui les obligent même à  quitter la scène quelques minutes, les circonstances certes ne jouent pas en leur faveur. Mais c’est sans regrets que l’on tourne les talons avant la fin du concert, un peu désabusé par cette si triste démonstration d’un grand talent noyé dans l’arrogance.

 

Si les groupes les plus réputés échouent parfois dans la conquête du public, les scènes secondaires ont réservé beaucoup de belles surprises. En quatre jours de fête, et 72000 visiteurs, on se rappellera sans aucun doute de la 28ème édition du Gurten Festival comme d’un très bon cru. Et pour les déjà  nostalgiques, rendez-vous l’année prochaine du 12 au 15 juillet pour remettre ça !