Culture | 07.06.2011

Succès pour Festineuch’

Texte de Anna Heck
Jeudi a eu lieu l'ouverture de la 11ème édition du Festineuch', un des festivals phares de Romandie. Tink y était et vous rapporte reportages et interviews. A savourer!
Catherine Ringier, ex Rita Mitsouko La chanteuse Ayo Le groupe déjanté Bonaparte

Jeudi a eu lieu l’ouverture de la 11ème édition du Festineuch’, un des festivals phares de Romandie, mis sur pied en 2001 pour la promotion de la culture neuchâteloise. Festineuch’ est petit, ancré au bord du lac dans une zone pas plus grande qu’une place de marché et il y a à  peine plus de deux scènes et le même nombre d’espaces particuliers: la Plage qui accueille le nouveau concept de la Silent Party et le Phare tenu par Couleur 3 présentant de nouvelles découvertes. On le comprend vite -ou plutôt on l’entend vite- le staff compte surtout des gens du coin. Ambiance locale donc, mais qui ne manque pas d’ambition avec, en effet, une programmation importante et en tête d’affiche vendredi soit le colosse new-yorkais du rap américain: Wu-Tang Clan!

 

Pas de cracheurs de feu, ni de jongleurs, ce sont les stands de diverses compagnies commerciales qui prennent le relais. Entre deux concerts, on peut participer à  plusieurs concours, comme crier le plus fort possible dans un cylindre insonorisé, et celui qui atteint le plus haut niveau reçoit un cadeau. Puis, on peut continuer notre balade, car à  la même place on trouve les stands de boissons et de nourriture, « Mexicana Food », « Potatoes », « Thai Food ». Il nous est offert de faire le tour du monde gastronomique en trois pas… Difficile de choisir le bon endroit! Pour se reposer, il faut se diriger au bord du lac. Des chaises longues sont installées dans cet endroit calme, un peu retiré. Dans d’autres lieux isolés on découvre par surprise une petite scène qui permet à  des groupes régionaux de se faire connaître. C’est la volonté principale du festival. C’est ainsi que les artistes, comme les auditeurs, se déplacent des petites aux grandes scènes, il n’y a que les motifs qui divergent.

 

La soirée commence donc sur une de ces minis scènes avec le groupe neuchâtelois de Jazz, Godjan. Puis on se déplace au centre, au Chapiteau, la scène principale. On assiste au premier concert, concert d’ouverture. C’est Ayo qui joue, et l’ambiance est à  l’image de son nom, Ayo voulant dire joie en Nigérien. Les spectateurs sont déjà  nombreux. Il commence par une chanson grave et engagée de son nouvel album Billie -Eve « How many people » pour finir, en train de danser, sur la mélodie de « I wanna dance ». Belle prestation, pleine d’énergie, de beauté, et de rythme. 18h45 ça continue avec Carrousel, duo jurassien. Un groupe qu’on reconnaît par ses textes poétiques, humoristiques, par son style musical entre rock et musique populaire, mais surtout par  l’enthousiasme, la jeunesse et la fraîcheur qu’ils dégagent.

 

Retour à  la grande tente où Catherine Ringer, mythique chanteuse des Rita Mitsuko, refait surface et présente quelques-uns de ses nouveaux titres pour un album qui sortira bientôt. Musique semi décalée, sorte de rock, prestance scénique tonique, un concert plein d’émotions. Pour suivre le mouvement, on change encore une fois de lieu et on découvre, enfin, ce groupe que certains attendaient tellement: Bonaparte, «Un tyran et son cirque » comme se définit le chanteur suisse (dit Bonaparte), roi du groupe rock-punk de neuf membres d’origines très différentes. La prestation est en effet déjantée. De la pure provocation. Des personnages grotesques, des caricatures exagérées; un roi en bas résilles et string éjaculant du champagne sur la foule, un bébé à  pampers effrayant, des femmes nues qui se ligotent, Frankenstein, un torero féminin en petite tenue et même une photographe qui apparaît, ici et là , métaphoriquement. Pour reprendre les mots d’un spectateur: « C’est de la folie! ».

 

22h00 Dernier et ultime concert, dans tous les sens du terme. Voilà  enfin, ceux que tout le monde était venu voir: Archive, groupe britannique, pilier du trip pop qui peu à  peu s’est dirigé vers l’électro tout en passant par le rock, le rap et le psychedelic. Ils se font fait attendre, la foule hurle, la foule s’excite. Mais C’est bientôt sous le son répétitif de « Controlling crowds » que rentrent les artistes sur scène. L’effet est maximal et l’excitation est à  son comble. Plus on avance dans les heures, plus l’ambiance est calme, passive, on se concentre sur les paroles.

 

C’est la fin, enfin seulement pour le plein-air. Certains reprennent le train, d’autre rejoignent le camping, encore mieux certains décident de continuer aux « afternatives », les afters programmés.