Politique | 21.06.2011

PJV : Théâtre-Forum

Le Parlement des Jeunes tente de concilier jeunesse et politique. Ils proposaient, samedi dernier, un spectacle donné par des jeunes en face de politiciens, afin qu'ils puissent faire passer leurs idées. Décryptage.
Un des adolesents tente d'amener les autres à  la réalité Le père expose le budget Une nouvelle élève qui ne se laisse pas faire Les moqueries des camarades Photos: Valentin Berclaz

Le Parlement des Jeunes valaisans

Il s’agit d’une association réunissant majoritairement des membres représentant la jeunesse au sein des partis et qui a pour but de sensibiliser les jeunes à  la politique et vice-versa. Ils exercent plusieurs activités par année telle que le théâtre-forum, considéré comme plus informel.

 

Théâtre-Forum

Inventé par un brésilien dans les années 60, le théâtre-forum consiste à  ce que des comédiens improvisent un sketch basé sur une oppression ou une problématique. A la fin du tableau, le tout est rejoué, mais le public est invité à  venir prendre la place des personnages, afin de tenter de changer positivement l’issue de l’histoire.

 

Le spectacle a été joué par des jeunes de 14 à  25 ans sous l’Š«il avisé d’un membre de la troupe « Silex » qui les a coachés durant deux journées.

 

Premier sketch

Le premier jour de l’année scolaire, une « nouvelle élève » arrive en plein milieu du cours. Le professeur réagit de manière lasse et lui propose de se présenter après avoir soupiré à  maintes reprises, car il n’était pas informé de cette arrivée. Cette fille va être sujette à  des moqueries de la part de ses camarades allant jusqu’à  la traiter ouvertement de juive « parce qu’elle [y] ressemble ».

 

 

Le public a vivement réagi proposant avant tout de changer de professeur en instaurant une personne accueillante et autoritaire qui empêchera les moqueries des élèves de par son charisme. Il a aussi été relevé que la nouvelle élève devrait être plus sûre d’elle et ne pas se laisser tout dire.

 

Second sketch

Un groupe de jeunes se demande que faire de la soirée. Il réalise vite que la « Student Party » est trop chère pour eux quand on compte les frais de transport, le billet d’entrée et les consommations. C’est ainsi qu’ils vont préférer aller dans un parc public avec un pack de bière et rentrer avec un de leurs amis s’il n’est pas trop soul.

 

 

Les réactions ont abordé plusieurs sujets. Tout d’abord, le délégué à  la jeunesse a fait remarquer qu’il y avait un local de jeunes dans le village du groupe (Evolène) et qu’ils pouvaient donc éliminer les frais de transport. Mais l’attrait de la cité était trop fort et la solution de co-voiturage avec des parents comme conducteurs a presque fait l’unanimité. Malheureusement, ces-derniers ne voulaient pas forcément faire les trajets, même s’ils en ont le devoir moral. La problématique ne peut donc se résoudre qu’avec une baisse du prix des transports pour les jeunes.

 

Dernier sketch

Trois jeunes souhaitent demander de l’argent à  leur père divorcé ayant un maigre salaire. Certains pour les frais d’écolage, d’autres pour des activités para-scolaires ou des cours d’appuis. La charge financière ne peut être assumée par le père. Il reste désemparé et demande aux enfants de travailler ; Or ceux-ci rétorquent qu’à  14-15 ans il est impossible de travailler.

 

 

La possibilité de faire un budget avec les adolescents et de leur laisser gérer leur argent en conséquence a été appréciée par le public, mais certains ont préféré aller jusqu’à  impliquer les enfants dans la situation difficile de la famille en leur disant qu’ils ne pourront pas tout avoir. Cela se défend dans le sens où il faut les confronter à  la réalité et que cela peut les motiver à  faire des études. Pour ce qui est de ne pas pouvoir travailler, des propositions telles que le parc d’attraction qui embauche à  14 ans (Granges) ou la Croix-rouge qui propose une formation de baby-sitter ont été faites.

 

Loris Musumeci avait participé à  l’édition précédente et est l’initiateur de cette seconde édition. Il dit avoir énormément apprécié les réponses qui ont pu être fournies et espère que la soirée fera réfléchir les politiciens. « Nous mettons en scène les problèmes par un spectacle, puis c’est aux politiciens de réagir », explique-t-il. Loris avoue tout de même sa déception quant à  l’absence de personnes du Département de l’Éducation, de la Culture et des Sports, car ils étaient principalement concernés. De plus, il s’avoue déçu que ce soit majoritairement les parents qui aient osé prendre la parole plutôt que les politiciens, même si la soirée a été un réel succès.

 

Durant l’apéritif suivant la représentation, les discussions ont fusé et le thème de l’éducation a été repris dans chaque conversation. Une mère de famille a même expliqué qu’elle avait construit des chambres très petites, afin que ses adolescents ne puissent jamais y mettre un lit double.

 

Au final, Loris a bien résumé le tout ; les jeunes aimeraient que les politiciens réagissent sur les problèmes exposés. Même s’ils ne le font pas tout de suite, l’important c’est de leur avoir donné des germes d’idées qu’ils n’auront plus qu’à  arroser pour faire fleurir notre jeunesse.