Culture | 12.06.2011

Les trésors de la Scène du Lac

Texte de Juliette Ivanez
Le plus petit des grands festivals n'a pas démérité pour sa soirée de clôture. Rythmes éclectiques et guitares endiablées étaient au programme samedi soir, pour terminer (ou pas) en beauté la 31ème édition du Caribana Festival, à  Crans-sur-Nyon (VD).
Kool and The Gang. Photos: © Christian Baudat

Au Caribana comme d’habitude, il y en a pour tous les goûts. La soirée s’ouvre sur Saint-André, tout droit venu de Corse avec dans ses bagages d’élégantes balades pop-rock joliment racontées. Mais il est encore tôt, et le public commence seulement à  s’échauffer. C’est alors que Julian Marley, digne fils de son père, enflamme la foule avec son reggae fédérateur : que la fête commence !  De basse en basse l’ambiance s’installe, et les découvertes musicales s’enchaînent. Bien au chaud sous le chapiteau de la scène de la plage, Jaïlyna, jeune artiste franco-suisse, berce de sa voix soul le public qui en profite pour recharger tranquillement ses batteries. Aux alentours de 20 heures, il est temps de passer aux choses sérieuses : direction la Scène du Lac qui a su, une fois encore, régaler les festivaliers de jeunes talents prometteurs.

 

Musique et magie

Loin des pointures de la grande scène, le second haut-lieu du festival est sans conteste une mine d’or artistique. Qui aura un tant soi peu tendu l’oreille n’aura su résister à  la guitare déchaînée de Medi, petit protégé de Charlie Winston qui a sans nul doute hérité de son mentor l’art de fédérer un public. D’un titre à  l’autre la foule frémit et se trémousse ; timidement certes, mais pari gagné pour le jeune Niçois alors même que la nuit n’est pas encore tombée sur le festival. Alors que certains se décident pour le slam vibrant d’émotions du français Ab-dal Malik, d’autres font le choix de camper devant la petite scène. Ces fidèles patientent tranquillement avant l’entrée en scène du phénomène de la soirée : Eliot Sumner, alias Coco, et son groupe quasi-éponyme.

 

Une personnalité artistique déjà  très affirmée

Fort d’un premier album sorti en novembre dernier et déjà  encensé par la critique, I Blame Coco impose sans complexe son style unique et inclassable.  Entre pop, électro et reggae, la fille de Sting du haut de ses vingt printemps a déjà  tout d’une grande. Toute menue et faussement débraillée, Eliot promène gauchement mais non sans prestance sa silhouette androgyne, et joue à  fond de sa voix éraillée un peu garçonne. Attentive, la jeune artiste n’a de cesse de jauger le public d’un regard perçant de défi ; et invite avec enthousiasme les festivaliers à  se déhancher sur ses compositions tantôt entraînantes, tantôt psychédéliques et carrément envoutantes. Les titres s’enchainent, et l’alchimie prend forme. L’ambiance atteint son paroxysme alors qu’Eliot, sur les dernières notes du rappel, se hisse debout sur la barrière de sécurité, à  la fois offerte et comblée.

 

« Une belle découverte ! », lâche à  la fin du concert un festivalier, dans un soupir de satisfaction. Mais la soirée n’est pas finie, et le public continue de se régaler avec les tubes indémodables de Kool and The Gang, leader incontesté de la Grande Scène samedi soir. Une 21ème édition couronnée de succès pour le Caribana ; et les plus accros n’auront pas manqué de se prélasser sur le terrain du Caribakids, sorte de post-festival familial et gratuit où de nombreux spectacles et animations promettaient aujourd’hui de clôturer en beauté 4 jours de grande fête.

 

Liens : www.medithemusic.com / www.iblamecoco.co.uk