Culture | 07.06.2011

Carrousel: Interview

Texte de Anna Heck
Une interview brève mais exclusive du groupe franco-jurassien Carrousel, présent jeudi soir au Festineuch'.
Sophie et Léonard, Carrousel.

On dit que c’est la période des examens, le travail -ou plutôt la culpabilité d’avoir manqué une seconde pour se préparer aux examens- ne permet pas de participer aux festivals auxquels on aurait tant voulu assister et d’aller voir nos groupes musicaux favoris. Et pourtant, Tink, a su se dépasser, et propose à  tous ceux qui ont dû rester chez eux, une interview brève mais exclusive du groupe jurassien Carrousel,  présent jeudi soir au fameux Festineuch’. Carrousel est un duo composé de Sophie Burande, française, et Léonard Gogniat, jurassien. Ils se sont rencontrés, par hasard, au sud de la France, une rencontre extraordinaire. Aujourd’hui, ils tournent non seulement en Suisse romande, mais aussi en France et même en Syrie. C’est entre deux concerts et malgré les imprévus de dernières minutes, qu’on a réussi à  les interroger:

 

Ce que tout le monde retient de votre musique, c’est la poésie. Poésie qu’on retrouve aussi dans votre histoire, c’est-à -dire, dans la formation de votre groupe. Comment ça a débuté exactement?

Sophie: Moi je venais d’Auvergne et lui de Suisse. Quand on s’est rencontré pour la première fois, c’était déjà  avec nos accordéons. Tout de suite, on a été étonnés de la concordance de nos goûts et de nos ambitions musicaux. En effet, chacun de nous voulait faire de la musique, monter un groupe avec son style propre. C’est pourquoi, plus tard, je suis partie en Suisse pendant deux mois. Là , dans son studio, on a essayé de voir si ce que lui voulait correspondait à  ce que moi je voulais, dans la musique, mais aussi dans la manière de travailler. Et aujourd’hui nous sommes sur scène…

 

Vos textes sont sincères, humoristiques, recherchés, c’est pourquoi certains vous définissent comme un groupe participant à  la nouvelle vague de la chanson française. Quelle est l’ambition de vos textes?

Nous, on veut parler du quotidien. On veut que les gens, à  travers nos paroles, se retrouvent. On écrit sur nos ressentis, sur la vie de tous les jours, sur l’évasion et sur les voyages. On aime aussi rire et donner de l’espoir. Notre but n’est pas d’avoir des textes radicalement engagés. Par contre, on a une certaine exigence quant à  la qualité et à  la subtilité de nos textes.

 

Qui est-ce qui écrit le texte et la musique? Est-ce que chacun a son domaine, ou aux contraire, produisez-vous tout ensemble? Et comment se passe ce processus de création?

Chacun de nous compose, que se soit pour le texte ou la musique. Des fois ça vient en un jour, des fois ça prend des mois pour qu’on soit satisfait. Souvent, ce sont des idées, ici et là , qu’on assemble jusqu’à  ce que ça nous plaise. Ca fait depuis le début de notre tournée, il y a deux ans maintenant, que nous conservons et rassemblons des esquisses de paroles, de mélodies que nous avons utilisées ou que nous réutiliserons un moment ou un autre.

 

Chacun de vous assume plusieurs instruments, allant de l’accordéon, passant par le chant, le kalimba, le mélodica et j’en passe. Comment avez-vous acquis toutes ces compétences?

Nous sommes des bricoleurs, il ne faut pas être trop impressionné. On a pris des cours, bien sûr, mais comme pour nos textes, c’est un ressenti qu’on veut faire passer, une ambiance. On n’a pas de prétentions à  ce niveau là .

 

Vous avez sorti en février 2010 Tandem un CD de quatorze titres, vous avez reçu divers prix, vous tournez en Suisse, mais aussi à  l’étranger, vous serez entre autres au Paléo et Montreux Jazz Festival: est-ce que votre activité musicale suffit-elle à  subvenir à  vos besoins ou devez-vous travailler à  côté?

Nous avons chacun un travail. Avec la sortie de notre nouvel album en 2012 et les tournées qui se multiplient, nous espérons pouvoir voyager plus, en Suisse allemande par exemple, et petit à  petit vivre de cette unique activité. Nous espérons que le futur nous permettra de pouvoir nous concentrer sur notre musique, sur la création.