31.05.2011

Un estonien à  Fribourg

Texte de Sophie Koerfer | Photos de Sophie Koerfer
Cela fait bientôt un an que Kenneth Nouisiainen est en Suisse en tant qu'élève d'échange à  St-Croix. Mi-estonien, mi-finnois, il fait le bilan de son année ici.
Kenneth Nouisiainen, élève estonien en échange linguistique en Suisse.
Photo: Sophie Koerfer

Comme beaucoup d’autres élèves d’échange, Kenneth a saisi l’occasion de partir un an à  l’étranger avant de commencer l’université, afin de découvrir une autre culture et une nouvelle langue. L’allemand ne le tentait pas trop, mais il désirait une langue que beaucoup de gens parlaient. Son choix est tombé sur le français et bien sûr, la France. « Je pensais que la France serait idéale, mais c’était complet. J’ai eu le choix entre la Belgique et la Suisse et mon choix s’est naturellement porté sur cette dernière. Je ne connaissais pas un seul mot de français quand je suis arrivé, et dans la voiture je feuilletais mon dictionnaire dans l’espoir de comprendre les questions que ma famille d’accueil me posait » raconte-t-il. « C’est d’ailleurs là  que j’ai appris que le « Lac de Genève » s’appelait en fait Lac Léman. » ajoute-t-il avec un grand sourire.

 

D’autres surprises ont suivi, notamment à  la piscine de la Mottaz : « Lorsque nous avons étendu nos linges, je suis naturellement allé vers le maître nageur, et je lui ai demandé où se trouvait le sauna, comme je ne le trouvais pas. J’ai été très surpris d’apprendre qu’en Suisse il n’y a généralement pas de sauna dans les piscines. Et très déçu. C’est ce qui me manque le plus de l’Estonie. » Il faut dire qu’en Estonie, presque toutes les salles de bain des appartements et des maisons disposent d’un sauna. En Finlande, où il a habité pendant 10 ans, chaque maison en a un.

 

D’autres différences l’étonneront toujours : les vaches. « C’est incroyable, il y a des vaches partout,  à  côté de notre maison, dans les montagnes… A Villars-sur-Glâne, il y a même des chèvres à  côté de la Migros! En Estonie, il n’y a plus de vaches ou bien seulement en campagne profonde.» explique-t-il. « Ce que j’aime le plus en Suisse, et qui va me manquer quand je rentrerai, c’est les Alpes. Ici, j’habite plus haut que la plus haute « montagne » d’Estonie, qui fait 318 mètres. Elles sont magnifiques. Et ce qui m’impressionne toujours autant, c’est l’efficacité des trains et des CFF. J’ai l’impression que les villes se sont construites autour des gares, et en peu de temps on peut aller partout. A Tallinn, c’est le contraire : le réseau routier s’est beaucoup développé, alors que le réseau ferroviaire est plutôt délaissé. La gare de Tallinn se trouve par exemple à  l’écart de la ville. »

 

Kenneth a aussi remarqué que les gens sont beaucoup plus proches en Suisse et les liens familiaux plus resserrés : « Ici, les couples se tiennent la main en public et les gens se font la bise. Nous, nous serrons toujours la main, même aux filles. Et en Suisse, on dîne et on soupe ensemble, ce qui me plaît beaucoup. Mais ce que je préfère avant tout, c’est qu’ici j’ai un frère. En Estonie, je n’ai qu’une soeur et j’ai toujours rêvé d’avoir un frère. » confie-t-il.

 

Il recommande à  tout le monde de faire une année d’échange : « J’ai encore un peu de peine au niveau du français, surtout parce que l’estonien a 14 cas alors que le français se construit sur des prépositions. J’ai aussi tendance à  oublier ou inverser les articles féminins et masculins, car ils n’existent pas en estonien et en finlandais » Deux langues qu’il parle couramment et qu’il espère utiliser avec le français pour faire des études de diplomatie en Finlande. « Mais si je le pouvais, je le referais. La Suisse aura toujours une place spéciale dans mon coeur. »

 

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