Culture | 17.05.2011

L’EPFL comme vous ne l’avez jamais vue

Texte de Juliette Ivanez
Vendredi soir avait lieu, sur le campus de l'EPFL à  Lausanne, la 31ème édition de Balélec, plus grand openair étudiant d'Europe. Ambiance de folie et musique jusqu'au bout de la nuit pour ce festival qui décidément n'a plus rien à  envier à  ses prestigieux voisins.
Photos: Valentin Berclaz

« Franchissez les portes de Balélec, et pénétrez dans un autre monde ». Tel pourrait être le slogan de ce festival qui, le temps d’une nuit, transforme un campus d’ordinaire si gris et austère en une sorte de dimension parallèle loufoque et décalée. 5 scènes pour des concerts non-stop de 19h à  3h du matin, et 4 clubs pour prendre le relais jusqu’à  l’aube : tous les ingrédients étaient réunis pour une soirée festive et inoubliable.

 

Un staff au poil

Le point fort de Balélec est, entre autres et sans aucun doute, sa logistique impeccable bien que colossale. 15 personnes ont été mobilisées pendant 4 jours rien que pour monter la grande scène : aucun doute que les bénévoles (la plupart du staff est en effet composée d’étudiants !) n’ont pas compté les nuits blanches durant la semaine précédant le festival. Ils sont partout, ils courent partout, et veillent discrètement sur le bonheur des participants afin que tout se déroule pour le mieux. 19h, ouverture des portes : ils sont là , avec le sourire. 3h15, départ des bus pour Lausanne agglomération : ils sont toujours là , les yeux brillants de fatigue mais avec le sourire. Alors merci à  eux pour cette organisation irréprochable qui autorise les festivaliers à  n’avoir qu’un seul souci en tête tout au long de la soirée : faire la fête !

 

Là  où tout est possible

Avec ses nombreuses scènes réparties sur tout le terrain du campus ouest, Balélec est loin d’être un festival statique. Plus proche d’une fourmilière grouillante des quelques 15000 personnes qui avaient fait le déplacement, il n’y a qu’à  se laisser porter par la foule pour flotter en douceur vers les hauts lieux du site. Le festivalier moyen a la bougeotte : hors de question de rester planté toute la soirée sur le même carré d’herbe. Il y a tant à  voir et à  écouter que l’on envisage pas une seule seconde de s’ennuyer. Et si la lassitude guette, il est temps de partir à  la recherche de Charlie (mais oui, le bonhomme au bonnet rayé rouge et blanc), qui offre généreusement une bière à  ceux qui l’ont débusqué. Il n’est pas non plus impossible de croiser Pacman, lancé dans une course endiablée contre ses éternels fantômes, deux sumos en pleine lutte ou bien quelques jongleurs de feu. A Balélec, plus rien n’étonne, mais tout prête à  sourire. En un mot : tout est possible. Une étudiante de l’EPFL, festivalière le temps d’une soirée, confie : « L’école est méconnaissable. C’est extraordinaire de voir le campus, d’habitude un peu terne, prendre cette tournure festive. C’est incroyable ! ».

 

Programmation pointue pour public frais

Outre son ambiance complètement déchaînée, la particularité de Balélec est certainement son public, composé à  99.9% de jeunes. Car on le sait, les étudiants du monde entier ne sont en réalité qu’une seule et grande famille ! Le festival prend alors la tournure d’une fête entre potes : il n’est pas mal vu d’engager la discussion avec tout un chacun et au final, les contacts noués au cŠ«ur d’une bringue éphémère deviennent des amis de toujours. Plus sérieusement, il ne faut pas oublier qu’un public jeune reste à  double tranchant. Exigeant mais ouvert, il vient volontiers découvrir de nouveaux sons et se laisser transporter dans les ambiances musicales les plus improbables ; mais il est aussi parfois difficile à  séduire, et représente un véritable défi pour les groupes qui se doivent de fournir une prestation scénique de grande qualité pour convaincre. Balélec représente alors à  la fois un tremplin et un baptême de feu : mais au cours de ses trente ans d’existence, il a aussi plus d’une fois consacré, à  l’image des Wampas en tête d’affiche cette année, des groupes chevronnés experts de la scène qui maitrisent l’art d’ensorceler la foule en deux temps, trois morceaux.

 

Sold out quelques minutes seulement après l’ouverture des portes (les prélocations ayant déjà  toutes trouvé preneur), Balélec remporte une fois de plus un franc succès et confirme, à  grands coups de beats infinis et de guitares déchaînées, son statut de plus grand festival étudiant d’Europe. A l’année prochaine !