Culture | 17.05.2011

«Le monde adulte est en décalage»

Texte de Eva Hirschi | Photos de Eva Hirschi
Lors du concours Linguissimo, Tink.ch a rencontré Nicole della Pietra, correspondante auprès de la RTS.
Le groupe des participants francophones au workshop de Mme Della Pietra.
Photo: Eva Hirschi

Lors du concours de langue « Linguissimo » les jeunes participants ont eu la possibilité de rencontrer des journalistes suisses. Par rapport à  la question « Comment j’écris un article de presse ? » ils ont reçu de l’aide et du soutien professionnel. Parmi eux  se trouvait aussi Nicole della Pietra, correspondante pour la Suisse italienne auprès de la Radio télévision suisse et La Liberté. Tink.ch a parlé avec elle des médias de jeunesse, des journaux gratuits et des futurs journalistes.

Madame della Pietra, internet est aujourd’hui une des premières sources de consultation lorsqu’il s’agit de trouver des informations, surtout auprès des jeunes. Est-ce que les journaux restent néanmoins importants?

L’attrait grandissant, exponentiel même, d’Internet est indéniable et cet outil représente de toute évidence la source première d’information pour les jeunes (et pas seulement). J’ai néanmoins constaté que certains d’entre eux consultent volontiers la presse papier lorsqu’ils en ont le temps, et en particulier pour y trouver  des informations locales et/ou des éclairages. C’est réjouissant.

 

A propos des journaux gratuits: fléau ou bienfait?

Disons qu’il y a « gratuit » et « gratuit ». Je suis personnellement une fidèle lectrice des gratuits hebdomadaires qui sont distribués au Tessin, qui m’aident parfois à   comprendre et déceler certaines tendances et réalités au sud des Alpes. Et ce, même si leur ligne éditoriale est discutable, je pense en particulier au « Mattino della Domenica ».

Quant aux quotidiens, leur apparition sur le marché a au moins eu l’avantage de secouer un peu le landerneau médiatique. Mais mon engouement pour ce type d’information est très relatif.

 

Des jeunes qui écrivent pour des jeunes: est-ce qu’il existe le danger que les sujets perdent de leur pertinence?

Au contraire. Je crois que le monde adulte est plus que jamais en décalage avec la jeunesse actuelle et que souvent, notre société ne sait pas trop comment communiquer avec les jeunes. J’ai une grande admiration pour ces jeunes qui consacrent leur temps à  informer leur génération.

 

Quelles caractéristiques faut-il pour un journaliste de nos jours ?

La curiosité est sans conteste la première des qualités indispensables pour faire ce travail. Ensuite, je dirais la rigueur. Cette dernière caractéristique est de plus en plus indispensable à  l’heure d’Internet.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes journalistes pour leur avenir?

De se montrer tenaces. Et pour certains, de ne pas hésiter à  se spécialiser dans certains domaines. Les spécialistes sont malheureusement de moins en moins appréciés et rétribués, mais je suis convaincue qu’il y aura toujours de la place pour la qualité.