Culture | 17.05.2011

Danser le 3ème printemps

Ce week-end à  Lausanne et dans toute la Suisse avait lieu la Fête de la Danse. Divers événements étaient programmés un peu partout dans la ville : des cours ouvert à  tous, des battle de hip-hop, des démonstrations d'école de danse etc. Un spectacle a retenu toute notre attention, et pour cause : la plus jeune danseuse est âgée de soixante ans !
L'équipe de danse du "3ème printemps"

« Danser le troisième printemps » est un projet qui est né pour prouver que la danse contemporaine n’est pas réservée aux corps jeunes et athlétiques. Un partenariat s’est donc formé avec le Théâtre Sévelin 36, RESO (Réseau de Danse Suisse) ainsi que des associations telles que le Mouvement des aînés, l’AVIVO et Pro Senectute.

 

C’est par ce biais que les participantes ont été « recrutées » et ont durant quatre mois préparé ce spectacle grâce à  des ateliers de danse animés par Adina Secretan et Sonia Meyer en charge de la sensibilisation au Théâtre Sévelin 36, des rencontres avec des chorégraphes et des spectacles de danse contemporaine.

 

Aborder cet univers n’a pas été facile pour toutes. Tout d’abord parce que la plupart des danseuses n’étaient jamais montées sur scène et ensuite parce qu’il a fallu se prouver à  soi-même que tout un chacun en est capable. « C’était pour moi un monde clos, étrange et étranger» témoigne une danseuse. Ce genre de spectacle n’est en effet pas monté de la même manière qu’une pièce de théâtre ou un ballet classique. Les danseurs sont invités à  prendre conscience de leur corps, de leurs mouvements et à  improviser. Et tout à  coup il y a quelque chose qui émerge de ces ateliers, ce n’est que quelques semaines avant la première représentation que la chorégraphie finale a vu le jour. La chorégraphe est donc là  pour révéler la personnalité de chaque danseur mais n’impose rien, la création est collective.

 

Sur scène aucun pas de danse à  proprement parler. On assiste à  des déplacements, des gestes posés, des jeux d’acteur parfois. De cela se dégage une atmosphère intime, une relation avec le public.  Ce n’est pas tant le professionnalisme qui est recherché mais bien l’émotion qui se dégage, on accueille ce que les danseuses apportent d’elles-mêmes en toute simplicité.

 

Saluons pour terminer la fantaisie, le courage et le culot qu’il a fallu pour monter sur scène à  un âge où « c’est délicat de faire danser des corps usés et maladroits. »