Culture | 14.04.2011

L »Occident rencontre l’Orient

Texte de Juiette Ivanez
Dans le cadre de sa thématique « Le festival des enfants », le FIFOG (Festival International du Film Oriental de Genève) proposait ce jeudi une projection du film d'animation « Azur et Asmar », réalisé par le français Michel Ocelot et sorti en 2006.
Source:www.ozap.com

Le film conte l’histoire de deux jeunes hommes, élevés par la même femme et brutalement séparés alors qu’ils n’étaient que des enfants. Azur, fils d’un châtelain européen, blond aux yeux d’ange, n’a alors de cesse de retrouver cette nourrice qui l’a élevé comme son propre fils. Arrivé à  l’âge adulte, il part sur les traces de cette mère de cŠ«ur et de son fils, Asmar, qu’Azur a toujours considéré comme son propre frère.  Sa quête le mènera aux frontières de l’Orient, dans un pays inconnu où il sera confronté à  la barrière de la langue et à  l’hostilité des habitants, qui là -bas entretiennent la superstition qu’un homme aux yeux bleus est un homme maudit. S’il part à  la recherche de son enfance, il n’en oublie pas moins son rêve de toujours : retrouver et délivrer la fée des djinns, cette créature qui depuis toujours hante ses rêves nourris par les récits fantastiques que lui contait sa nourrice.

 

« Ce n’est pas ton pays »

Avec « Azur et Asmar », Michel Ocelot n’en est pas à  son coup d’essai dans le paysage du film d’animation en France. Il avait auparavant réalisé les longs-métrages « Kirikou », salués à  l’époque pour leur beauté cinématographique et leur caractère innovant en matière de traitement de l’image. Le film, réalisé en images de synthèse, étonne par son style à  la fois épuré et grandiose. Rien de trop n’est dit, les dialogues vont à  l’essentiel et les plans s’enchainent, conférant un rythme parfois surprenant à  l’histoire. Mais les images sont belles : l’Orient, chaleureux et chatoyant, s’invite et transporte le spectateur dans un rêve éveillé qui ne prend fin que lorsque retentissent les premières notes du générique. Si le scénario traine parfois en longueur, on se laisse volontiers prendre au jeu de cette quête en duo qui, bien au-delà  de la légende, interroge la portée du choc entre Orient et Occident et la fraternité interculturelle.

 

« C’est votre vaillance qui compte, et elle doit être constante »

Exempt de stéréotypes et sans prétendre à  donner des leçons, « Azur et Asmar » témoigne en douceur du mariage fructueux mais délicat entre l’Orient et l’Occident. Si le film reste bien entendu un divertissement pour enfants, il a néanmoins une portée idéologique et culturelle considérable. Et le propos ne sonne pas creux : ni l’une ni l’autre des cultures n’est privilégiée ou dénigrée, car toute la richesse du film provient de la confrontation entre les deux et au final, de leur fusion harmonieuse. En plus d’être cinématographiquement esthétique et réussi, « Azur et Asmar » résonne surtout d’un message de tolérance et de paix qui saura toucher les petits comme les grands.

 

Au FIFOG, un film n’est jamais projeté par hasard. Avec sa programmation riche et éclectique, le festival continue durant toute la semaine à  explorer les sociétés orientales dans leur diversité et à  interroger les frontières entre l’Orient et l’Occident.