Culture | 21.03.2011

Cinéma, un luxe?

Texte de Stefano Torres
À Lausanne, les prix des grands cinémas sont de plus en plus exaspérants. Si bien que l'on commence à  se demander où va tout notre argent. En attendant un futur article dédié à  cette question, nous vous proposerons ici un « bilan cinématographique familial » suivit de quelques petites astuces à  rappeler pour une soirée cinéma « moins chère ».

Il est vrai que lorsqu’on parle de cinéma à  Lausanne, deux d’entre eux nous viennent – pour la plupart – automatiquement à  l’esprit : Le Pathé Galeries et le Pathé Flon. Les avantages sont évidents : ils sont en plein centre ville, ils sont modernes, ils sont beaux, ils sont grands, ils ont des salles énormes! Bref, que demander de plus pour une bonne dose d’émotion devant un Black Swan ou un Avatar en 3D? Mais quand on va au cinéma, il est souvent difficile de se contenter d’un simple film, avec la panoplie de nourriture qu’on nous propose. Et quand on sait que la boisson la moins coûteuse est l’eau minérale plate à  4.50 CHF, on pense directement à  faire des économies.

 

Pour se faire une image de la valeur d’un cinéma à  Lausanne, il est intéressant de calculer le montant que doit prévoir une famille « standard » à  cet effet, en prenant comme exemple, les plus « prestigieux », c’est-à -dire les Pathé :

Le taux de fécondité (naissances par femme) en Suisse est de 1,5. Imaginons donc une famille de quatre personnes, deux adultes et deux étudiants qui, pour l’anniversaire du père, décide d’aller voir le dernier western des frères Coen. Les parents ont un tarif de 18,50 CHF chacun alors que, heureusement, les étudiants ont un tarif tout spécial pour eux qui se monte à  15,50 CHF chacun. Mais ce soir, c’est la fête. On ne va donc tout même négliger au moins un grand pop-corn… Bon, allez! Disons deux moyens, et deux Coca-Cola. Une heure et demi plus tard, la famille sort du cinéma plus au moins déçue par ce chef-d’Š«uvre qui promettait dix Oscars. (Mais qui n’en vaudra finalement que… aucun). Il faudra encore payer le parking qui, selon l’endroit, varie entre 3.- et 6.- CHF (disons 4.5 CHF) et, bien sûr, le prix de l’essence. Passer une généreuse soirée au cinéma coûte alors facilement dans les 120.- CHF pour une famille de quatre personnes. Et cela sans compter la 3D… Malheureusement, tout le monde n’est en mesure de « claquer cent balles » en une soirée.

 

Est-il alors raisonnable de payer de telles sommes pour les séances de cinéma ? Comment se fait-il que les prix ne cessent d’augmenter et, surtout, quelles sont les justifications des responsables ? D’un autre côté, peut-être que ces tarifs ont justement des bonnes raisons d’être élevés et ils sont raisonnables par rapport à  d’autres pays où les tarifs sont certes plus bas, mais où le pouvoir d’achat est bien inférieur au notre. Enquête à  suivre. En attendant, voici les quelques « conseils » que beaucoup doivent connaître mais qu’il n’est pas inutile de rappeler :

 

Le pique-nique

Prendre un pique-nique est interdit dans la plupart des cinémas. Surtout aux Pathé. Ce que les gens ne savent pas forcément c’est que les employés du cinéma n’ont strictement aucun droit de vous fouiller ou, simplement de regarder dans votre sac. Donc pas la peine de flipper à  chaque fois que vous prenez un menu McDonald’s dans votre sac à  dos. Vous pouvez prendre votre barbecue avec vous, tant que vous ne vous faites pas remarquer, personne ne peux rien vous dire. En achetant une boisson et un paquet de pop-corn à  l’extérieur (certes, moins bon, mais bon…) le prix baisse facilement de 70%. C’est magique.

 

Les offres spéciales invisibles

De temps en temps, les cinémas Pathé présentent des offres dont peu de gens entendent parler. Je ne fais pas ici référence aux offres habituelles comme le « deux pour un » les mardis avec l’abonnement Orange, ou le tarif à  14.- CHF les jeudis pour les adhérent Fnac. Il y a d’autres offres à  côté desquelles les gens passent sans s’en rendre compte. Par exemple, durant tout le mois de novembre 2010, les places Pathé coutaient exclusivement 10.- CHF si elles étaient achetées par internet et retirées à  la Fnac. Rien de plus simple ; j’ai dû me faire une dizaine de séances… En d’autres termes, il suffit simplement d’être un peu fouineur et de regarder les publicités, comme le font souvent nos chères mamans, à  la recherche des meilleures offres.

 

Les autres cinémas

Comme déjà  dit, les Pathé présentent des avantages très intéressants. Ce qui justifie peut-être leurs tarifs… Mais ces géants écrasent malheureusement les plus petits car, ici, c’est la loi de la jungle: souvenez-vous dans votre plus jeune âge vous avez probablement fréquenté le « Cinéma Atlantique », le Cinéma de la Riponne (dont le nom m’échappe) ou encore celui qui était à  la Caroline (dont le nom m’échappe aussi). Le seul survivant – pour l’instant – est le Cinéma Atlantique qui sert actuellement de lieu de culte, de salle de projection pour les matchs de foot et de toute autre chose imaginable. Mais d’autres cinémas de toutes sortes persistent et il serait important de le rappeler.

 

Le plus comparable aux Pathé est le Cinétoile à  Malley. Comparable car il s’agit également d’un multiplexe, mais à  six salles seulement. Elle sont moins confortables mais acceptable et la qualité du son et des images sont plus ou moins équivalentes à  celles des Pathé. Les tarifs ne sont cependant pas très différents, mais si chaque centime compte, alors 1.5 CHF de moins n’est pas à  négliger. Comment s’y rendre? Prendre le bus 7 à  St-François direction Renens et descendre à  Malley : un jeu d’enfant.

 

Pour les adeptes des classiques du cinéma, la Cinématèque est là  pour vous. Mais les autres, n’ayez craintes ; classique ne signifie pas toujours film barbant et extrêmement long à  voir dans le genre Citizen Kane – et veuillez m’excuser d’avoir vulgarisé le soi-disant « Numéro Un des Meilleurs Films de l’Histoire du Cinéma ». Les films de la Cinématèque sont souvent passionnants et nous permettent de nous instruire sur ce qui a fait rêver ou révolutionner nos générations antérieures : Some Like it Hot, avec la magnifique Marilyn Monroe, The Exorcist de 1973, toutes sortes de westerns comme 3h10 for Yuma, Little Big Man avec Dustin Hoffman, the Missouri Breaks avec Jack Nicholson , Bonnie and Clyde, ou d’autres genres comme Platoon, Vertigo de Hitchcock, The Lady from Shanghai de Welles, des films de Stanley Kubrick (L’odyssée de l’espace, Orange Mécanique, Shining), de Coppola (Apocalypse Now), bref, la liste est longue. Et même si les nouveaux films ont souvent l’air plus attrayants, l’histoire du cinéma comprend un quantité énorme de films exceptionnels. Et rien de tel que d’aller voir le film de son enfance au cinéma ; de mon côté, j’attends le jour où ils passeront E.T. l’extraterrestre de Steven Spielberg. Car, en effet, les films ne sont pas à  la carte, contrairement à  ce que l’on pourrait espérer. Un programme et rédigé chaque deux mois et on peut le trouver partout gratuitement. Dernier avantage : les places sont à  8.- CHF pour les étudiants.

 

Le Capitole est la plus ancienne salle de cinéma de Suisse. Elle est gérée depuis 60 ans par la même Dame et a été récemment achetée par la Cinématèque. Des projections de toutes sortes ont lieu dans cette salle magnifique dont le décor nous fait remonter au temps des premières projections cinématographiques : Des avant-premières, des évènements spéciaux de la Cinématèque – comme la projection de The Kid de Charlie Chaplin en présence de ses enfants encore en vie – et, dans les jours les plus banals, le Capitole sélectionne trois ou quatre nouveautés qu’il juge convenable de projeter. Les places sont quant à  elles à  12.- CHF pour les étudiants.

 

Il y a évidemment encore d’autres cinéma à  Lausanne et aux alentours, comme le cinéma de Bellevaux ou encore le Zinema. Alors n’hésitez pas à  les fréquenter, du moins pour les promouvoir, et ne tombez pas dans l’erreur de vous offrir un Pass Pathé (stratégie extrêmement intelligente de la part des Pathé pour monopoliser le marché). C’est mon cas.