14.01.2011

Les rencontre de Viraj

Texte de Viraj
Viraj rencontre Sven, un chrétien musulman

Pulau weh (ouest de Sumatra, Indonésie), une île volcanique recouverte de jungle, encerclée par des eaux turquoises, n’est autre qu’un coin de paradis où l’envie d’acheter un lopin de terre et d’y construire une petite maison en bois vous saisi instantanément. Certains concrétisent cette envie, comme le propriétaire des bungalows dans lesquels nous avons séjourné. Européen plutôt grand, la trentaine, blond aux yeux bleus, le torse et les bras recouverts de tatouages, Sven ne passe pas inaperçu. Son premier séjour à  Pulau weh remonte à  dix ans. Depuis, Sven y est revenu, a acheté du terrain, s’est marié avec Ella, une fille du village qui est aujourd’hui à  quelques jours d’accoucher.

 

 

Un matin, alors que nous prenions notre petit déjeuner sur la place du village, Sven s’est joint à  nous le temps d’un café. C’est là  que nous avons appris sa conversion nécessaire à  l’islam pour épouser Ella, ce qui n’est pas une mince affaire puisque la sharia, en vigueur dans la région, s’applique aux musulmans seulement. Et qui dit sharia dit, par exemple, risque de peine de mort en cas d’adultère! Autant dire que nous étions tous en admiration devant son geste. Mais pas de quoi s’affoler nous explique-t-il, il n’est pas vraiment tenu au même code de conduite que les locaux, pas d’obligation d’aller à  la mosquée le vendredi ou de prier cinq fois par jour. Justement, on est vendredi, et monsieur sirote un café torse nu sur une terrasse, exhibant à  tout venant son tatouage maori… il y a plus restrictif comme vie musulmane! Du coup, nous sommes tous à  nous demander quelle était sa religion précédente. Chrétien, nous répond-t-il sans grande conviction, plus sur le papier qu’autre chose. Quant à  la sortie de l’Eglise, c’est tout juste s’il s’avait de quoi on parlait. Après avoir passé plusieurs mois au Moyen-Orient, où Chrétiens et Musulmans peinent à  cohabiter, c’est bien la première fois qu’on croisait un Chrétien-musulman. Comme quoi tout est toujours possible. /Viraj

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