Culture | 22.01.2011

HEAD/ECAL

Texte de Joëlle Misson
Pierre Keller nous avait à  peu près prouvé que l'ECAL constituait l'élite en matière d'art et vous vous y avez cru, parce que, malgré tout on en entends parler comme d'une école renommée. Alors vous vous êtes mis à  rêver (si vous êtes un artiste) de pouvoir un jour entrer à  l'ECAL. Si vous vous reconnaissez, laissez-moi vous parler de la HEAD de Genève.
Melissa Academy Eclosion + Head-“Genève Marine Stampfli

He oui, l’expression « rentrer dans le moule », quand on parle de l’ECAL, n’est pas abusive et Pierre Keller nous l’a démontré (malgré lui?) à  la séance d’information en novembre dernier. Dans les dossiers qu’il reçoit il veut que nous lui montrions de quoi nous sommes capables, il ne veut donc pas d’un dossier où peinture, dessin, photo et design s’entrechoquent mais il veut que nous lui prouvions que nous avons le talent pour entrer dans son école (si prestigieuse). En fait, il veut que notre style soit déjà  défini en entrant. Or n’y entre-t-on pas dans le but de définir un peu plus notre entamé mais non abouti, et pourquoi pas se découvrir d’autres intérêts?

 

Et cela se voit dans leur système; pour entrer en préparatoire – parce que les chances sont maigres à  l’ECAL, de se voir accepté d’office en première année…Pierre Keller qui l’a dit! – vous devez déjà  choisir la branche à  laquelle vous vous destinez, à  savoir la Communication visuelle comprenant les sections design graphique, photographie, media et interaction design et cinéma, le Design graphique, ou les Arts Visuels comprenant les sections gravure, dessin, peinture, sculpture, photographie, vidéo, installation, media et interaction design. Pas facile de choisir parmi ces multiples choix, surtout en sortant du gymnase où l’option spécifique Arts Visuels n’a carrément rien à  voir! Dur, dur… L’ECAL nous propose donc de tout savoir d’abord… et de nous présenter ensuite!

 

A la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève (HEAD) la préparatoire ne semble pas si importante pour l’entrée en études. Elle est facultative, même si de plus en plus de personnes souhaitent la faire pour avoir plus d’expérience en entrant, nous dit le responsable des Arts Visuels. Le système est, de mon point de vue, favorable. La première année est un tronc commun où l’on a l’occasion de s’orienter dans l’une des quatre sections proposées (pour les Arts Visuels) – Art/média comprenant des techniques de communication visuelles telles que la photo, la vidéo ou internet, Peinture-dessin, ScIE (sculpture-installation-espace) comprenant la création dans l’espace réel en trois dimensions, et Art Action comprenant le travail de scène et vous invitant à  mélanger arts visuels et arts vivants. Il y a également une filière cinéma et une filière Design– Et avec une telle panoplie, vous avez un an pour tester, vous aventurer dans diverses expériences et techniques de travail toutes plus différentes les unes des autres et forger votre sensibilité à  l’une ou l’autre de ses techniques, avant de vous orienter dans une branche pour les 2ème et 3ème année.

 

La HEAD semble également beaucoup plus ouverte à  la variété. Pour cause, lorsque vous êtes orientés dans l’une ou l’autre de ces branches, vous n’êtes jamais limité à  ne travailler que la technique concernée, vous pouvez toucher à  tout et mélanger les techniques, le but étant de créer et non de vous enfermer dans un style, ils nous l’ont dit et c’est encourageant!

 

Alors oui, Genève c’est plus loin que Renens, mais cela en vaut la peine car la HEAD n’a pas vraiment l’air de se prendre la tête.

 

Le site web de la HEAD