Culture | 04.12.2010

Urbaines 2010

Texte de Joëlle Misson
Tour d'horizon de deux autres (re)présentations des Urbaines: celles de Guillaume Désanges et de Carlos Casas.
© Joëlle Misson

Dans Signs & Wonders, Guillaume Désanges nous présente à  l’Arsenic un casi cours d’histoire de l’art abstrait. Fasciné par les formes géométriques élémentaires; carrés, triangles, lignes, points, et leurs dérivés; spirales, grilles, cubes, il décrypte l’utilisation de ces symboles par des artistes tels que Mondriand ou Kandinsky, pour ne citer que les plus célèbres.

 

Dans son interprétation, toutes ces formes sont autant de signes cachés, de secrets et de codes qui révèlent les mystères de l’univers. Il s’exprime dans un langage empreint de religieux en parlant du messie Malevitch et de ses disciples reprenant le flambeau, ou lorsqu’il dénonce les « faux prophètes », ceux-ci mêmes qui imitent, mais ne créent rien.

 

Mais tout ce cours, ce monologue conté ne serait pas ce qu’il est sans la participation d’Alexandra Delage, qui, derrière un grand panneau blanc, munie pour seul outil d’un retroprojecteur, projette l’ombre de ce qu’elle y place – des ronds, des carrés, des lignes, des couleurs, des points – bref, et illustre les propos de Guillaume de manière originale et captivante.

 

Dans le parc de l’Eracom, un grand écran est aménagé et diffuse le film de Carlos Casas, Seal Hunt. Cette vidéo tournée dans les extrémités du monde en Patagonie, Sibérie ou Karakalpakistan montre le témoignage de son vécu dans ces endroits les plus reculés du monde où les ressources sont raréfiées à  côté de notre civilisation. Il enregistre sa survie dans cet univers si différent du nôtre. Le montage est silencieux et l’on entend parfois retentir les coups de fusils qu’il tire sur les animaux ou le bruit des ordres qu’il donne à  ses chiens de traîneau. A part cela, un calme presque inquiétant règne dans ces paysages sans fin, dont l’horizon est uniquement composé de neige, de glace et d’eau.

 

La neige tombée ses derniers jours offre un parfait entourage à  cette diffusion, on peut s’y perdre et croire qu’on y est, comme si l’on entrait dans une autre extrémité du temps. Cette vidéo est encore à  voir demain de 18h à  20h.

 

Les Urbaines